Ligue de l'enseignement de Lozère en redressement judiciaire avec 300 000 € de dettes
Ligue de l'enseignement de Lozère : redressement judiciaire et 300 000 € de dettes

Avec plus de 300 000 euros de dettes, la Ligue de l'enseignement de Lozère a été placée en redressement judiciaire le 20 mai 2026. L'association lutte désormais pour sa survie, comme l'a annoncé son secrétaire général, Nicolas Trotouin, engagé depuis 1991. Cette situation, qualifiée de « très, très dure à vivre », met en péril un mouvement d'éducation populaire fondé en 1866 et présent en Lozère depuis 1938.

Une dette accumulée depuis la crise du Covid

Les difficultés financières de la Ligue de l'enseignement de Lozère trouvent leur origine dans la pandémie de Covid-19. « Notre activité s'est considérablement ralentie, explique Magali Allié, la présidente. Nous avons continué à payer les salariés, espérant une reprise rapide, mais cela n'a pas été le cas. En un peu plus d'un an, nous avons perdu 800 000 euros de chiffre d'affaires. » Malgré des mesures de restructuration prises en juin 2024, avec des départs volontaires et des licenciements concernant dix personnes, et un résultat positif en 2025, l'association n'a pas réussi à éponger son déficit. Les subventions nationales et locales, en baisse constante ou retardées, ont aggravé la situation, portant l'endettement à plus de 300 000 euros.

Un redressement judiciaire pour un second souffle

Le placement en redressement judiciaire permet à la Ligue de geler ses dettes et de disposer d'un délai maximal de dix-huit mois pour élaborer un nouveau modèle économique. « Dans six mois, un premier bilan sera effectué, précise Magali Allié. Si l'activité repart et que la trésorerie se rétablit, les dettes seront rééchelonnées, mais pas effacées. » Nicolas Trotouin reste confiant : « Nous devons resserrer notre projet et poursuivre les actions qui fonctionnent, comme les classes de découverte et les activités culturelles, tout en réduisant nos charges. » Ces dernières représentent environ 1,2 million d'euros par an, dont plus de la moitié (670 000 euros) est consacrée à la masse salariale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un appel aux élus et au public

Les dirigeants de la Ligue dénoncent un désintérêt des pouvoirs publics pour le secteur associatif. « Subventionner une association est ultra-rentable, estime Nicolas Trotouin. Nous faisons vivre le territoire et contribuons au vivre-ensemble. Les élus doivent en prendre conscience. » Magali Allié ajoute : « Nous rendons plus que ce que nous recevons. C'est un cercle vertueux. » Si la Ligue venait à disparaître, ce serait tout un pan de l'activité lozérienne qui s'éteindrait, préviennent-ils. Pour éviter cette issue, ils appellent à la générosité du public, via des dons ou une participation aux conseils d'administration. La prochaine réunion est prévue le vendredi 26 juin à 16 heures au chalet du Chapitre (74, route du Chapitre à Mende).

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale