Concours d'éloquence à Lunel : les jeunes finalistes peaufinent leurs discours engagés
L'ambiance est à la fois fébrile et concentrée dans les coulisses du théâtre de l'espace Castel de Lunel. Mercredi 14 mai à 17h30, une douzaine de jeunes participants âgés de 9 à 17 ans monteront sur scène pour la seconde édition du grand concours d'éloquence organisé par l'association lunelloise Causons écrans. Lors de leur ultime session de répétition, ils ont peaufiné les derniers détails de leurs prestations.
Une préparation intensive pour un moment décisif
"C'est sûr que c'est autre chose que la salle où nous nous entraînions jusqu'à présent", constate Marius, l'un des participants, visiblement impressionné par la scène du théâtre. Pour cette deuxième édition, le concours s'inscrit dans le cadre du dispositif Cité éducative et de l'agence nationale pour la cohésion des territoires (ANCT), marquant ainsi son ancrage dans des initiatives éducatives structurées.
Chaque jeune a rédigé son propre discours sur l'un des deux thèmes imposés : "l'égalité femmes-hommes" ou "l'égalité des chances". "J'ai été très agréablement surprise de la qualité de chaque texte", confie Tiphaine Benoit, coordinatrice de l'action éloquence à Causons écrans. "Sur le contenu ou l'écriture, on n'a quasiment rien changé à part quelques fautes de français, de construction ou sur la longueur de certains textes."
Des discours mûris et des défis techniques
Raphaël, 16 ans, particulièrement inspiré par la thématique de l'égalité des genres, avait initialement rédigé un discours de quinze minutes. "Au début, j'avais des chiffres, de longues citations et des réflexions personnelles", énumère-t-il. "Il a fallu faire des choix. Seulement trois minutes par personne sur scène, c'est vite frustrant finalement !" Cette contrainte temporelle a nécessité un travail de synthèse et de priorisation pour tous les participants.
La représentation de mercredi sera divisée en deux parties distinctes. La première consistera en une mise en scène hors compétition écrite en partie par Alycia, 14 ans, gagnante du concours l'année dernière qui retente sa chance cette année. "Si la femme était vraiment l'égale de l'homme, elle pourrait faire le tour du monde sans se faire arrêter pour sa tenue", proclame-t-elle avec conviction lors des répétitions.
Un jury exigeant et des prix convoités
Dans la seconde partie, les jeunes orateurs se succéderont face à un jury composé de professionnels du spectacle et de l'enseignement : un metteur en scène, un comédien de théâtre, une réalisatrice et une maîtresse de conférences en droit. Après avoir écouté tous les discours, le jury attribuera trois récompenses : le grand prix d'éloquence, le coup de cœur et le prix des moins de 14 ans.
À quelques jours de l'événement, le stress est palpable parmi les participants. Meriem, 11 ans, appréhende particulièrement le trou de mémoire. "J'ai peur de tout oublier et de devoir improviser pendant les trois minutes. C'est stressant", avoue-t-elle. Syrine, 9 ans, la benjamine de la compétition, se rassure quant à elle en évoquant les progrès accomplis au fil des entraînements sur sa diction et sa posture scénique.
Une maturité remarquable et des émotions attendues
"Grâce aux conseils de Tiphaine, on connaît nos capacités et nos difficultés", explique Syrine. "Mais le plus important à savoir, c'est de rester dans sa bulle, peu importe ce qu'il se passe dans la salle." Sur scène, cette jeune participante défend l'égalité femmes-hommes avec une maturité épatante pour son âge.
Tiphaine Benoit se souvient de l'édition précédente : "L'année dernière, les spectateurs avaient été frappés par l'émotion. Voir des ados prendre la parole sur des sujets aussi engagés, c'est toujours très marquant." Cette dimension émotionnelle et citoyenne donne toute sa valeur à cette initiative qui dépasse le simple exercice d'expression orale.
Le concours se déroulera mercredi 14 mai à 17h30 dans le théâtre de l'espace Castel de Lunel, situé au 173 rue Marx Dormoy. L'entrée est gratuite et ne nécessite aucune réservation préalable, offrant ainsi au public l'opportunité de découvrir ces jeunes talents et leurs prises de parole engagées.



