La Bibliothèque Sonore de Nîmes : un accès universel à la lecture grâce aux donneurs de voix
Grâce à la Bibliothèque Sonore de Nîmes et au dévouement de ses donneurs de voix, la lecture devient accessible à tous, transcendant les barrières physiques et cognitives. Véronique Deniel-Gazaix, Patrick Roux et Christine Semler-Collery, membres actifs de cette association, illustrent par leur engagement comment cette initiative transforme des vies en offrant un pont vers la culture et l'éducation.
Un travail bénévole essentiel pour les publics empêchés
L'an dernier, les donneuses de voix de la Bibliothèque Sonore de Nîmes ont contribué à l'enregistrement de 44 titres, sur les 2 500 livres produits annuellement en France. Véronique Deniel-Gazaix, ancienne institutrice, partage sa passion : "J’aime beaucoup lire, j’ai toujours lu à voix haute, et cette activité me permet de découvrir des ouvrages que je n’aurais sans doute jamais lus autrement." Christine Semler-Collery, ayant travaillé dans le milieu hospitalier, ajoute : "Mon expérience en ophtalmologie m'a sensibilisée aux besoins des personnes souffrant de troubles visuels, ce qui rend ce bénévolat d'autant plus significatif."
Ces bénévoles enregistrent régulièrement des livres pour divers publics, notamment :
- Les personnes atteintes de troubles de la vision.
- Les adultes et étudiants en difficulté d'apprentissage.
- Les élèves nécessitant un support audio pour leur éducation.
Une institution méconnue mais vitale depuis les années 1980
Fondée dans les années 1980 à Nîmes, la Bibliothèque Sonore fait partie d'un réseau d'environ cent structures similaires en France. Patrick Roux, président de l'association, souligne son rôle crucial : "Nous ne sommes pas une simple bibliothèque ; nous pouvons enregistrer des livres sur demande pour des bénéficiaires munis d'un certificat médical, justifiant de leur incapacité à lire." Cela inclut non seulement de la littérature, mais aussi des articles scientifiques et des ouvrages historiques pour des chercheurs.
Actuellement, Christine Semler-Collery enregistre Morgane d'Emanuele Arioli, à la demande d'une professeure de lettres déficiente visuelle, démontrant l'adaptabilité du service. Plus de la moitié des bénéficiaires souffrent de troubles cognitifs ou de dys, soulignant l'importance de cette accessibilité.
Un impact national et local considérable
À Nîmes, environ 300 personnes bénéficient directement des services, mais l'impact dépasse largement ce chiffre grâce à des collaborations avec des médiathèques, des écoles et des Ehpad. En France, 3 000 bénévoles rendent accessibles 80 000 livres et revues en supports physiques, ainsi que 25 000 volumes en téléchargement. Véronique Deniel-Gazaix précise : "On travaille chez nous, à notre rythme, mais c'est un engagement exigeant ; un livre de deux heures nécessite entre huit et dix heures de travail."
Le processus d'enregistrement est rigoureux, incluant la description des illustrations adaptée au public, et un comité d'écoute national assure la qualité. Christine Semler-Collery insiste : "Ce n'est pas du théâtre ; on lit avec une intonation qui captive, comme si on s'adressait directement à quelqu'un." L'objectif est de toucher un maximum de personnes, notamment en enregistrant rapidement les livres primés par les grands prix littéraires comme le Goncourt ou le Renaudot.
Pour plus d'informations, contactez la Bibliothèque Sonore de Nîmes au 04 66 67 36 60 ou par courrier à bs.nimes@sfr.fr.



