Associations : le rempart républicain en danger, alerte Soukaïna Ben Jaafar
Associations : le rempart républicain en danger

Le monde associatif, un rempart qui vacille

Dans une tribune publiée dans Midi Libre, Soukaïna Ben Jaafar, présidente de l'association La Pléiade dans le quartier du Mas de Mingue à Nîmes, tire la sonnette d'alarme sur la fragilisation du tissu associatif. Selon elle, les associations constituent le dernier rempart de la République face au recul des services publics et à la fragmentation sociale.

Un quartier oublié, des vies en suspens

Le Mas de Mingue, quartier prioritaire de Nîmes, illustre parfaitement ce constat. Construit dans les années 1960 pour loger rapidement des familles rapatriées, il connaît aujourd'hui un chômage massif, un isolement croissant et une jeunesse qui doute de son avenir. « Quand les services publics reculent, quelqu'un reste. Quand les guichets ferment, un acteur associatif accueille », écrit-elle. Ce quelqu'un, ce sont les associations, qui agissent au plus près des réalités.

Un engagement concret et quotidien

À La Pléiade, on ne se contente pas de « mettre en œuvre des dispositifs » déconnectés du terrain. On aide une mère débordée par la paperasse administrative, on accompagne un senior pour préserver son autonomie, on soutient une famille en précarité énergétique, on évite qu'un jeune décroche. « C'est du concret, du quotidien, du vital », insiste Soukaïna Ben Jaafar.

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Des financements insuffisants et une charge croissante

Pourtant, les besoins explosent tandis que les financements se rétractent. Les appels à projets remplacent la confiance, obligeant les associations à toujours recommencer et justifier leur action. « L'humain ne fonctionne pas à l'année budgétaire », déplore-t-elle. Résultat : le bénévolat s'épuise, les équipes s'usent, les responsabilités augmentent et les moyens fondent. « On colmate, on compense, on remplace. Mais jusqu'à quand ? », interroge-t-elle.

Une infrastructure invisible et vitale

Pour Soukaïna Ben Jaafar, les associations ne sont pas un supplément d'âme, mais une « infrastructure invisible » de la société. « On ne les voit que lorsqu'elles disparaissent. Et alors, il est trop tard », avertit-elle. Elle cite Léon Bourgeois : « L'association est une miniature de la société. Quand elle s'effondre, c'est le lien social qui rompt. »

Un appel à la stabilité et aux moyens

Les associations ne demandent pas des discours, mais de la stabilité, du temps et des moyens à la hauteur des missions d'intérêt général qu'elles assument, souvent seules. « Sur le terrain, la question n'est plus associative. Elle est républicaine », conclut-elle. Soukaïna Ben Jaafar, également élue adjointe au maire de Nîmes, appelle à un soutien durable pour ces acteurs de terrain, garants de la fraternité républicaine.

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