Alain Frère, ancien maire et médecin de Tourrette-Levens : 37 ans d'engagement au service des autres
Alain Frère, portrait d'un médecin-maire engagé à Tourrette-Levens

Alain Frère, ancien maire de Tourrette-Levens : un médecin engagé qui a marqué son époque

Aujourd'hui âgé de 90 ans, le docteur Alain Frère, qui fut maire de Tourrette-Levens de 1983 à 2020, évoque avec émotion son parcours riche et son retrait de la vie politique après près de quatre décennies de mandat. Dans le jardin public de la commune, une rencontre symbolique avec Florian, un homme poly-handicapé de 35 ans, rappelle l'essence même de son engagement : le service aux autres.

Un médecin au cœur des relations humaines

Le premier contact entre les deux hommes est chargé de reconnaissance. Florian se souvient avec gratitude : « Piqué par des abeilles et allergique... J'ai fait un œdème de Quincke. Alain Frère, docteur, m'a sauvé par une intraveineuse ». Avant cela, le médecin avait également sauvé sa mère lors d'un accouchement difficile. Sauver des vies sur plusieurs générations constitue le premier acte civique d'Alain Frère, bien avant son entrée en politique.

D'origine corse par sa mère et du Morvan par son père, tué à la guerre en 1940, Alain Frère a étudié au lycée Masséna à Nice. Il s'installe à Tourrette-Levens en 1967, après des études de médecine à Marseille et deux ans comme interne à l'hôpital Princesse Grâce de Monaco. Il aura également servi comme médecin aux armées durant la Guerre d'Algérie.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« Entre Aspremont, Colomars, Saint-Blaise, Levens, Duranus et Châteauneuf... j'ai eu jusqu'à 5 000 patients », témoigne-t-il. Un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale d'environ 1 000 patients par médecin, selon Santé publique France. Ces liens profonds avec la population ont naturellement conduit à son engagement politique.

37 ans de mandature : des réalisations marquantes

Recruté en 1983 après quinze jours de réflexion encouragée par sa famille, Alain Frère se lance en politique avec une méthode simple : « Prendre mon temps et bien m'entourer ». Il nomme un directeur des services techniques hors pair, Monsieur Bigotti, et Luc Nativel comme premier adjoint.

Sa philosophie quotidienne ? « Aimer les gens, dans la proximité. Toutes ces années, je n'ai cessé de recevoir les Tourrettans à ma permanence du samedi matin ». Une permanence où les administrés pouvaient parfois glisser des radios ou des bilans sanguins pour un avis médical entre deux demandes communales.

Devenu conseiller général, puis vice-président de la Métropole Nice Côte d'Azur et du Département des Alpes-Maritimes en charge des affaires culturelles, il a mené de grands projets transformant le village : rénovation du château, création du parc Mauran, restauration de l'église, construction du collège, de l'école maternelle, de la crèche et de la caserne des pompiers.

Sa plus grande fierté ? « Les quatre musées tourrettans plus le mien privé. Pas mal pour une commune de 5 000 habitants non ? », s'amuse-t-il. Son regret ? « Voir qu'en 50 ans, beaucoup de choses ont changé... Médecins et maires ne fonctionnent plus pareil... avant on n'hésitait pas à se lever en pleine nuit si nécessaire ».

Une passion dévorante pour le cirque

Au sous-sol de sa maison, un trésor unique : un musée privé du cirque riche de milliers de pièces des grandes familles du cirque. Il n'ouvre ce lieu que sur demande, témoignant d'une passion intense partagée avec le prince Rainier et la famille princière de Monaco depuis la fin des années 1970.

« J'ai été médecin des gens du cirque : les Bouglione, Medrano… faisant les vaccins aux gosses entre deux répétitions ! », raconte-t-il. Le prince Albert et la princesse Stéphanie lui ont même fait la surprise d'être à ses côtés pour ses 90 ans. Il est toujours conseiller artistique de la princesse.

L'École du cirque de Tourrette-Levens, « Tous en piste », est en connexion intime avec le Festival International du Cirque de Monte-Carlo. Sa plus belle acquisition ? « Alfred Lecourt-Payen, grand dompteur de fauves, Marseillais d'origine, m'a légué à sa mort tout ce qu'il possédait ». Il conserve même une lettre authentique de 1906 de Buffalo Bill.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le petit Alain Frère se serait bien vu au cirque, mais pas comme dompteur : « Je mettais un trapèze chez moi et me balançais. J'étais premier en gymnastique ! ». Avec un œil toujours pétillant, il conclut en sirotant un soda : « Ma vie est exceptionnelle ! ».