Dax lance le chantier phare de la place Camille-Bouvet
Après des années de débats et de concertations, le projet de réaménagement de la place Camille-Bouvet à Dax entre enfin dans sa phase opérationnelle. Ce chantier, porté par l'ancienne mandature du maire Julien Dubois et concrétisé un mois après sa réélection, va profondément transformer ce quartier emblématique de la ville.
Un calendrier en deux temps
Les travaux se dérouleront en deux phases distinctes. La première, démarrant le 21 avril prochain, concerne le renouvellement des réseaux humides des cours de Verdun, Foch et de la place elle-même. « Les eaux pluviales et usées circulent encore via des aqueducs qui passent sous l'Atrium, l'office de tourisme, etc. », explique Julien Dubois. « Le but est d'installer des équipements plus modernes et surtout qu'ils ne passent plus sous les bâtiments mais sous la voirie, ce qui facilitera les interventions en cas de besoin. »
Ces travaux, bien que non strictement nécessaires pour le réaménagement de la place, sont réalisés par anticipation. « On profite des travaux pour renouveler tous ces réseaux, car il aurait forcément fallu le faire un jour ou l'autre », argumente le maire.
Démolition et réaménagement à l'automne
La seconde phase débutera fin septembre avec la démolition, prévue sur un mois, de la halle Pomade, le marché couvert historique. Le réaménagement complet de la place se poursuivra ensuite tout au long de l'année 2027, avec des ajustements de calendrier possibles selon l'avancée des travaux et des fouilles archéologiques.
L'ensemble du chantier devrait s'achever, sauf retard, durant l'hiver 2027-2028. Un véritable défi technique et logistique selon l'édile : « C'est un vrai défi que l'on demande aux entreprises de travaux, de réaliser ce chantier en aussi peu de temps. On espère qu'elles ne déborderont pas. Il ne faut pas non plus oublier que durant ces deux ans, on est aussi soumis aux contraintes météorologiques, mais aussi archéologiques. »
Impacts sur la circulation et le commerce
Pendant les trois premières semaines de travaux, les axes devant l'Atrium, du cours de Verdun à l'avenue Milliès-Lacroix, seront interdits à la circulation. Le Vieux Pont restera ouvert mais avec des restrictions : « On limitera l'accès au vieux pont côté Sablar pour que les gens fassent plutôt le tour, avec un contournement plus large, et empruntent plutôt le Pont Neuf », précise Julien Dubois.
Les travaux se poursuivront de fin mai à fin juillet sur le cours du Maréchal-Foch et dans la contre-allée de la place, avec circulation à sens unique. Une interruption est prévue durant les Fêtes de Dax, de fin juillet à fin août, avant reprise jusqu'à fin décembre.
Côté stationnement, le réaménagement supprimera une cinquantaine de places sur les 100 existantes, partiellement compensées par des créations dans les rues environnantes. Le plan de circulation final n'est pas encore arrêté, mais une circulation à double sens est envisagée.
Réactions contrastées des commerçants
Les commerçants du quartier accueillent le projet avec des sentiments mitigés. Véronique Chesneau, fleuriste chez Floria, s'inquiète : « On va forcément perdre du chiffre d'affaires, au moins pendant les travaux, car il y aura moins de passage, et bonjour la poussière. » Elle pointe également le « peu de places de stationnement prévues – sans oublier qu'il nous faut de l'espace pour nos livraisons – et un plan de circulation encore très flou. »
Nathalie Déjean, céramiste chez Terres animées, regrette la démolition de la halle : « On aurait préféré le maintien de la halle, qui aurait pu être relookée. Le marché couvert, ça va manquer par ici. » Cependant, elle voit un côté positif aux travaux : « J'aurai plus de temps pour la création. »
Au bar Chez Babeth, on adopte une attitude plus philosophique : « Les travaux sont une phase obligatoire, il faudra être patient. »
Budget et communication
La Ville prévoit un budget total de 4,3 millions d'euros toutes charges comprises, dont 2,8 millions pour les travaux de réseaux d'eau et l'archéologie. Des demandes de subventions sont en cours auprès du Fonds vert, de la Dsil, du Département et de l'Union européenne, visant à couvrir 80% du coût total.
Pendant toute la durée du chantier, les commerces resteront accessibles et la municipalité mettra en place une communication régulière auprès des riverains, notamment via des « cafés chantiers », dont la première rencontre est prévue ce mercredi matin.



