Un drame sur la route de la mort du bassin d'Arcachon
Dans la nuit du 2 août 2022, une collision frontale d'une violence extrême a coûté la vie à Margot Dubois, une adolescente bretonne de 17 ans en vacances sur le bassin d'Arcachon. Le conducteur responsable, Hugo, alors âgé de 22 ans, comparaissait ce mercredi 22 avril devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, les yeux rougis par l'émotion.
Une soirée qui tourne au cauchemar
Le jeune Parisien avait passé la soirée avec des amis, consommant plusieurs verres d'alcool avant de se rendre dans un bar au Pyla. Vers 2 heures du matin, alors qu'il circulait au volant de sa voiture sur le boulevard Louis-Lignon à La Teste-de-Buch, en direction de la célèbre dune du Pilat, il a dévié de sa trajectoire à la sortie d'une courbe et a percuté de plein fouet une Renault Mégane arrivant en sens inverse.
Le choc a été d'une telle violence que les secours, en arrivant sur les lieux, ont découvert six personnes dans la Mégane. Margot Dubois, qui voyageait sans ceinture de sécurité et était assise sur les genoux d'une amie, a été déclarée décédée quelques minutes seulement après l'arrivée des pompiers.
Des taux d'alcool et de drogue alarmants
L'enquête menée par les policiers du commissariat d'Arcachon a révélé des éléments accablants. Hugo présentait un taux d'alcoolémie de 2 grammes par litre de sang et avait consommé de la cocaïne. Le conducteur de la Mégane, quant à lui, affichait un taux encore plus élevé de 2,38 grammes, mais il ne fera pas l'objet de poursuites pénales.
« C'était une période où je faisais la fête, je consommais de la cocaïne occasionnellement et mon état d'esprit n'était pas à m'alcooliser », a bredouillé le prévenu à la barre. « Ma conduite n'était pas adaptée mais je ne roulais pas vite et je ne faisais pas la course. »
Une route qualifiée de « route de la mort »
Le boulevard où s'est produit l'accident, particulièrement sinueux et non éclairé la nuit des faits, est tristement surnommé « route de la mort » par les habitants du secteur en raison des nombreux accidents qui s'y sont produits. Une expression reprise par le président d'audience Ancelin Nouaille lors du procès.
Le magistrat a interrogé Hugo sur ses habitudes : « Avez-vous l'habitude de prendre le volant après avoir bu et consommé de la drogue ? » À quoi le prévenu a répondu, tête basse : « Non, mais je consommais plus à cette période-là. »
La douleur insoutenable des familles
Florence Dubois, la mère de Margot, s'est exprimée avec un courage et une dignité remarquables : « Vous nous avez arraché notre unique enfant, c'était une jeune fille heureuse de vivre. C'est tout un monde autour d'elle qui s'est écroulé. Vous nous avez tout pris. »
Me Jocelyn Robin, avocat des passagers de la Mégane et de leurs parents, a pointé du doigt le comportement du conducteur : « Il a eu un comportement hors norme toute la soirée. Les parents ont peur que cela recommence quand leurs enfants sortent. »
Me Antoine Hellio, l'avocat rennais de la famille Dubois, a ajouté avec gravité : « Perdre un enfant n'est pas dans l'ordre des choses. Cette famille ne se remettra jamais. »
Les réquisitions du parquet
Le vice-procureur Olivier Bonithon a sermonné l'accusé : « Quand on prend de l'alcool et de la cocaïne, on en connaît les effets. » Il a requis trois ans de prison, dont une partie assortie d'un sursis probatoire, ainsi qu'une annulation du permis de conduire pour une durée de dix ans.
Face à ces réquisitions, Me Benoît Ducos-Ader, conseil du prévenu, a plaidé pour une peine raisonnable : « Dans un dossier qui soulève la douleur et l'horreur, je demande aux juges de ne pas faire d'exemple. » La décision a été mise en délibéré, laissant les familles dans l'attente d'une justice qui pourra, peut-être, apaiser un peu leur souffrance.



