Tchernobyl : des centaines de milliers de cas de maladies thyroïdiennes en 40 ans
Tchernobyl : des centaines de milliers de cas en 40 ans

Denis Fauconnier, conseiller médical pour l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), dresse un bilan des conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, quarante ans après l'explosion du réacteur nucléaire.

Un excès de cancers de la thyroïde en France

En travaillant sur les registres de santé, Denis Fauconnier a constaté un excès de plus de 4 000 cas de cancers de la thyroïde après Tchernobyl dans le seul département de l'Isère. Sur l'ensemble de la France, une hausse des cas a été observée après la catastrophe, avec un sommet, puis une chute à partir de 2015. On a également noté une augmentation des cas d'hypothyroïdie néonatale et de thyroïdites de Hashimoto, une maladie auto-immune. Au total, on parle de plusieurs centaines de milliers de cas imputables à Tchernobyl sur trois décennies.

En 1980, 200 000 personnes dépendaient d'hormones thyroïdiennes. Aujourd'hui, elles sont 3,4 millions. Denis Fauconnier précise que toutes ces personnes ne sont pas des victimes de Tchernobyl, mais que cette augmentation est très significative.

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Des effets sur les générations suivantes

Des facteurs de risque ont pu être transmis aux générations futures par la génétique. Bien que la thyroïde ne soit pas un organe cible dans ce cas, d'autres cancers très variés pourraient être concernés. Statistiquement, il est très difficile à prouver. Denis Fauconnier a constaté des cas de femmes enceintes irradiées au moment de Tchernobyl dont les enfants nés au deuxième semestre 1986 ont développé un cancer de la thyroïde ou d'autres cancers. Certains sont nés sans thyroïde, développant une hypothyroïdie néonatale.

Le césium 137, toujours présent, peut encore avoir des incidences aujourd'hui et entraîner des cancers très divers. Il suit le chemin du potassium dans le corps et se retrouve dans tous les muscles.

Difficultés de reconnaissance du lien de causalité

Au niveau collectif, un excès de pathologies peut être déterminé. Au niveau individuel, c'est plus compliqué, mais des analyses génétiques montrant des lésions des chromosomes pourraient y parvenir. L'épidémiologiste Florent de Vathaire a réalisé de telles analyses pour les populations françaises exposées aux retombées des essais nucléaires à Mururoa.

Pour mesurer l'impact exact de Tchernobyl, Denis Fauconnier suggère de comparer la santé de la cohorte exposée à celle née entre 1988 et 1992, totalement épargnée. Dès 1986, les gens et les médecins savaient pourquoi ils avaient un cancer, mais cela n'est pas reconnu comme attribué à Tchernobyl par les instances sanitaires.

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