Ségur numérique en santé : les soignants libéraux dénoncent les retards et les incohérences
Ségur numérique : les soignants libéraux critiquent les retards

Ségur numérique en santé : les soignants libéraux dénoncent les retards et les incohérences

Les principaux syndicats de soignants libéraux ont exprimé mardi leur vive inquiétude face aux retards persistants dans le déploiement du Ségur numérique en santé. Cette initiative gouvernementale vise à faciliter le partage fluide et sécurisé des données des patients entre les différents professionnels de santé. Les Libéraux de santé (LDS), qui regroupent les dix principaux syndicats représentatifs des soignants libéraux, ont publié un communiqué dans lequel ils regrettent profondément ces délais, particulièrement concernant l'interopérabilité des données de santé.

L'interopérabilité des données au cœur des préoccupations

L'interopérabilité correspond à la capacité des systèmes d'information à utiliser et partager, de manière sécurisée, des données structurées selon des standards communs. Ces données doivent être exploitables par différents acteurs du secteur de la santé, tels que les hôpitaux, les soignants de ville, les laboratoires et le secteur médico-social, sans nécessiter de retraitement supplémentaire.

Philippe Besset, pharmacien et président des LDS, a souligné l'importance de cette interopérabilité : « Il faut que les données produites par les autres professionnels de santé soient directement intégrées dans nos logiciels. En tant que pharmacien, je vois via mon outil de travail, mon dossier pharmaceutique, tous les médicaments que mon patient a pris dans toutes les pharmacies de France. Il faut qu'on puisse voir également les examens de biologie réalisés, par exemple. »

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Il a précisé que ces informations doivent être accessibles via deux clés de sécurité utilisées conjointement : la carte de professionnel de santé et la carte vitale. Bien que les solutions numériques « commencent à arriver », Philippe Besset a déploré que leur déploiement soit trop lent, qualifiant la situation de « balbutiante ».

Un décalage entre exigences et réalités

Les LDS ont vivement critiqué la décision récente du ministère d'accorder un délai supplémentaire de six mois aux éditeurs de logiciels métiers. Ce sursis leur permet de se mettre en conformité avec les exigences d'interopérabilité, notamment avec le dossier médical partagé (DMP) et Mon espace santé, le carnet de santé numérique du patient.

« Cinq ans après le lancement du Ségur numérique, cette situation interroge. Les outils ne sont toujours pas pleinement opérationnels, alors même que les professionnels de santé ont, ces derniers mois, été soumis à une pression accrue pour utiliser systématiquement le DMP », ont-ils déclaré.

Les syndicats ont rappelé que, lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale au Parlement, le gouvernement avait tenté de rendre obligatoire la consultation et l'alimentation du DMP par les professionnels de santé. Cette mesure prévoyait des sanctions financières lourdes pouvant atteindre 2 500 euros par infraction, dans la limite de 10 000 euros annuels, avant d'être annulée par le Conseil constitutionnel.

« Ce décalage entre les exigences imposées aux professionnels et la souplesse accordée aux éditeurs révèle un deux poids, deux mesures incompréhensible », ont-ils estimé. Les LDS ont ainsi appelé le gouvernement à changer de méthode pour assurer un déploiement plus équitable et efficace du Ségur numérique en santé.

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