Santé mentale à Sète : un diagnostic préoccupant révèle pauvreté et suicides
Santé mentale à Sète : pauvreté, suicides, décrochage

Un diagnostic territorial réalisé à Sète dresse un tableau alarmant de la santé mentale des habitants. Paupérisation, augmentation des tentatives de suicide, décrochage scolaire et addictions sont autant de signaux d'alerte identifiés en amont de l'installation d'un conseil local de santé mentale (CLSM).

Un conseil local de santé mentale pour agir

En 2025, la santé mentale a été déclarée Grande cause nationale. C'est dans ce contexte que la ville de Sète a mis en place un CLSM, officialisé lors d'une assemblée plénière le 25 juin à la salle René-Llense. Jocelyne Gizardin, adjointe au maire chargée de la santé, souligne l'importance de cette initiative : « À Sète, on aime bien prendre soin. »

Ce CLSM s'inscrit dans le cadre du contrat local de santé (CLS) et réunit élus, professionnels de psychiatrie, associations d'usagers, aidants et autres acteurs locaux. Son objectif est d'améliorer la santé mentale de la population via des actions concrètes mêlant prévention, accompagnement et parcours de soins, tout en combattant les préjugés et en favorisant l'inclusion sociale.

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Un diagnostic approfondi

Un diagnostic territorial a été mené de septembre 2024 à avril 2025, combinant données quantitatives et entretiens qualitatifs avec une trentaine de professionnels. Franck Kasmi-Bakkali, directeur de la cohésion sociale et santé publique, explique : « Nous avons mêlé des données chiffrées et des ressentis de terrain pour identifier les problématiques. »

Des groupes de travail seront lancés dès septembre autour de trois thèmes : la santé mentale des jeunes, celle des personnes vieillissantes, et la sensibilisation pour déstigmatiser les troubles psychiques. Des solutions concrètes devront être mises en œuvre d'ici 2028, date de fin du CLS.

Les quatre points clés du diagnostic

1. La pauvreté, facteur de vulnérabilité

Le document de 140 pages révèle que Sète connaît une paupérisation croissante, avec un taux de pauvreté de 25 %, contre 19,4 % dans l'Hérault. Cette précarité touche particulièrement les seniors, les jeunes, les adultes vivant seuls et les familles monoparentales (22 % de la population en 2021), générant une souffrance psychosociale importante.

2. Augmentation des tentatives de suicide et des prises en charge psychiatriques

Les données de psychiatrie sont préoccupantes : chez les moins de 16 ans, 400 jeunes ont été vus en service ambulatoire en 2022, soit une hausse de 61 % par rapport à 2017. Chez les adultes, le nombre de Sétois suivis en ambulatoire a augmenté de 15 % en 2022. Sète se distingue également par un taux élevé d'adultes pris en charge pour maladie psychiatrique avec addiction. Les hospitalisations pour tentative de suicide ont bondi de 61 % entre 2017 et 2022. Le service de psychiatrie locale fait face à une surcharge des urgences et des difficultés de recrutement.

3. Décrochage scolaire, violences et phobies sociales chez les jeunes

Chez les 0-15 ans, les professionnels notent une augmentation des violences et des addictions. Le diagnostic insiste sur la nécessité de renforcer l'accompagnement périnatal et le repérage précoce des troubles psychiques. Pour les 15-29 ans, la pandémie de Covid-19 a aggravé les souffrances, avec l'émergence de l'isolement, des phobies sociales, du harcèlement et de la prostitution. Le décrochage scolaire lié à la santé mentale est alarmant : 41 % des jeunes mineurs reçus par la Mission locale en 2024 étaient décrocheurs. Les acteurs réclament davantage de points d'écoute, d'équipes mobiles et une meilleure coordination.

4. Seniors isolés et addictions

Les personnes âgées représentent 40,2 % de la population sétoise. Beaucoup sont isolées, éloignées de leur famille, et peinent à adhérer aux solutions proposées. Outre les aides à domicile et les résidences, le diagnostic recommande de promouvoir une vision positive du vieillissement et de favoriser les activités intergénérationnelles. Par ailleurs, le Csapa constate une hausse de la polyconsommation d'addictifs, soulignant le besoin de renforcer la prévention.

Ce diagnostic sert de feuille de route pour le CLSM, qui devra élaborer des actions concrètes d'ici 2028 pour améliorer la santé mentale des Sétois.

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