Santé mentale des jeunes : une crise d'accès aux soins dénoncée par la FHF
La Fédération hospitalière de France (FHF) a tiré la sonnette d'alarme ce mercredi 15 avril, soulignant que les difficultés d'accès aux soins en santé mentale restent massives, en particulier pour les jeunes de 18 à 24 ans. Malgré la désignation de la santé mentale comme grande cause nationale, les obstacles persistent, selon un sondage Ipsos commandé par la FHF.
Des chiffres alarmants pour la génération 18-24 ans
L'enquête, réalisée en février auprès d'un échantillon représentatif de 2 500 personnes, révèle des données préoccupantes :
- 64 % des 18-24 ans concernés par des problèmes de santé mentale ont été confrontés à des délais d'attente trop longs pour consulter un psychiatre.
- 52 % n'ont tout simplement pas pu obtenir de rendez-vous.
- 49 % déplorent des interruptions de soins, les laissant sans suivi médical pendant un certain temps.
- 38 % ont subi une rupture de stock de médicaments essentiels.
Globalement, parmi l'ensemble des Français estimant avoir besoin de soins psychiatriques, 45 % ont connu des délais excessifs et 38 % n'ont pas pu décrocher de consultation.
Une situation qui empire malgré les annonces
La FHF déplore que, malgré une légère amélioration par rapport à 2025, les difficultés d'accès aux soins psychiatriques demeurent massives, alors que la demande ne cesse de croître. Le communiqué met en lumière une hausse alarmante des hospitalisations pour tentative de suicide :
- +16,6 % au niveau national entre 2019 et 2024.
- +25,4 % chez les femmes sur la même période.
- Des pics inquiétants chez les adolescentes et jeunes femmes : +76 % pour les 20-24 ans et +118 % pour les 10-14 ans en cinq ans.
Des appels à l'action urgents et financés
Face à cette crise, la FHF, qui représente le millier d'hôpitaux publics en France, plaide pour que la grande cause nationale se traduise par des engagements concrets, durables et financés. Parmi ses demandes :
- La création d'une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, dotée d'un plan pluriannuel.
- Un soutien accru aux centres médico-psychologiques.
- Une lutte contre la crise des vocations en psychiatrie, notamment en pédopsychiatrie.
- Le développement d'unités pluridisciplinaires pour les 16-25 ans et la multiplication des maisons des adolescents.
En réponse, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé devant l'Assemblée nationale que les maisons des adolescents seraient renforcées et promis la nomination prochaine d'un délégué interministériel. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer une crise qui touche particulièrement la jeunesse.



