À la suite de la publication ce mardi 2 juin par l'agence Santé publique France de nouveaux résultats sur la santé mentale des 6-11 ans, l'épidémiologiste Stéphanie Monnier-Besnard rappelle l'importance de sensibiliser les adultes aux situations de vulnérabilité des enfants face aux troubles mentaux, pour mieux les prévenir.
Des résultats qui éclairent les facteurs de risque
L'enquête épidémiologique Enabee de Santé publique France (SPF), consacrée à la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire, continue d'alimenter les connaissances sur le sujet. Après des premiers résultats publiés en 2023, qui révélaient que 13 % des enfants âgés de 6 à 11 ans présentaient au moins un trouble probable de santé mentale, une nouvelle salve dévoilée ce mardi 2 juin renseigne désormais les caractéristiques individuelles et contextuelles – familiales, relationnelles ou environnementales – associées à ces troubles.
Si certaines sont bien connues, d'autres nécessitent des travaux complémentaires pour mieux les comprendre, mais toutes aident à identifier les situations de vulnérabilité pour mieux cibler les actions de prévention, explique Stéphanie Monnier-Besnard, cheffe de projet et épidémiologiste à Santé publique France.
L'importance de l'attention aux signaux d'appel
L'attention aux signaux d'appel comme le changement de comportement d'un enfant, que ce soit le manque de sommeil ou d'appétit, peut aider à identifier une situation de vulnérabilité face aux troubles mentaux. Selon l'épidémiologiste, il est impératif d'outiller les enfants comme les adultes aux compétences psychosociales. Ces compétences, qui incluent la gestion des émotions, la résolution de problèmes et les relations interpersonnelles, sont essentielles pour renforcer la résilience et prévenir l'apparition de troubles.
Des actions de prévention ciblées
Les résultats de l'enquête permettent de mieux cibler les actions de prévention. Par exemple, les enfants vivant dans des contextes familiaux difficiles ou exposés à des violences sont plus à risque. Il est donc crucial d'intervenir précocement auprès de ces populations vulnérables. Les adultes, parents, enseignants et professionnels de santé, doivent être formés à repérer les signes de détresse psychologique chez l'enfant et à y répondre de manière appropriée.
Un enjeu de santé publique majeur
La santé mentale des enfants est un enjeu de santé publique majeur. Les troubles non traités dans l'enfance peuvent avoir des conséquences à long terme sur la vie adulte. Investir dans la prévention et la promotion de la santé mentale dès le plus jeune âge est donc essentiel. Stéphanie Monnier-Besnard insiste sur la nécessité de déstigmatiser les troubles mentaux et de créer un environnement favorable à l'épanouissement des enfants.
En conclusion, l'enquête Enabee fournit des données précieuses pour orienter les politiques de santé publique. Elle souligne l'urgence d'agir en renforçant les compétences psychosociales des enfants et en sensibilisant les adultes qui les entourent. La prévention passe par une meilleure connaissance des facteurs de risque et par une mobilisation collective pour soutenir la santé mentale des plus jeunes.



