Santé des hospitaliers : une amélioration fragile face à un stress professionnel persistant
Santé des hospitaliers : amélioration fragile, stress persistant

Santé des hospitaliers : une amélioration réelle mais insuffisante

Malgré une nette amélioration depuis les années les plus sombres de la pandémie de Covid-19, les professionnels de santé exerçant dans les hôpitaux, les Ehpad et les établissements médico-sociaux demeurent globalement en moins bonne santé que la population générale. C'est ce que révèle l'observatoire annuel publié ce mardi par la Mutuelle nationale hospitalière (MNH), s'appuyant notamment sur une enquête réalisée par l'institut CSA.

Des indicateurs de santé toujours préoccupants

L'enquête, menée auprès de 1 132 professionnels de santé et de 1 009 Français en miroir, montre que 42 % des personnels hospitaliers interrogés – incluant aides-soignants, infirmières, médecins, ainsi que les personnels administratifs et techniques, tant dans la fonction publique hospitalière que dans le secteur privé – déclarent avoir été affectés par un problème de santé au cours des trois derniers mois. Ce chiffre est significativement plus élevé que les 26 % observés dans la population générale des actifs en emploi.

Une tendance à l'amélioration est toutefois notable. En 2024, 46 % des hospitaliers signalaient un problème de santé sur une période similaire. De même, actuellement, 16 % des personnels hospitaliers se déclarent en mauvaise santé, un niveau qui correspond à celui de 2018, mais qui représente une nette amélioration par rapport aux 24 % enregistrés en 2022. Néanmoins, cet indicateur reste supérieur de 3 points à celui de la population générale.

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Le poids du stress et de l'anxiété au travail

L'observatoire met en lumière un facteur clé de cette fragilité : 45 % des hospitaliers déclarent ressentir fréquemment de l'anxiété, du stress et une charge mentale importante dans leur environnement professionnel. Ce taux contraste fortement avec les 16 % relevés dans la population générale. Pour 55 % des professionnels interrogés, l'amélioration des conditions de travail constitue le principal levier pour renforcer leur santé et leur bien-être.

Les absences pour raison de santé illustrent également cette réalité. Les hospitaliers enregistrent en moyenne 12,9 jours d'absence par an, contre 8,8 jours dans la fonction publique d'État. Ce niveau s'élève à 15 jours pour les femmes et approche les 20 jours pour les agents âgés de plus de 50 ans, souligne le rapport.

Un contexte de réforme pour la protection santé

La Mutuelle nationale des hospitaliers, qui couvre environ 1,2 million d'actifs et détient une part de marché estimée à 25 % face à de nombreux petits acteurs, voit sa position potentiellement remise en question. En cause : la réforme en cours de la protection santé des fonctionnaires, qui prévoit un financement à 50 % par l'employeur, sur le modèle du secteur privé.

Des négociations sont actuellement menées avec les syndicats pour définir les nouvelles modalités de la protection santé et complémentaire au sein de la fonction publique hospitalière. Pour se positionner, la MNH s'est alliée à deux autres acteurs mutualistes, MGEN et Relyens, en vue de présenter une candidature lorsque le processus sera lancé.

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