Une revalorisation attendue pour les médecins hospitalo-universitaires
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé, ce vendredi lors d'une visite au centre hospitalier universitaire d'Orléans, une augmentation significative de la rémunération des astreintes de nuit et de week-end pour les médecins hospitalo-universitaires. Cette mesure, présentée comme une réponse aux attentes des professionnels « lésés » et « oubliés » par la récente réforme de revalorisation des astreintes, vise à mieux reconnaître leur engagement dans des situations particulièrement exigeantes.
Un plafond porté à 500 euros pour les astreintes les plus contraignantes
Concrètement, le plafond d'indemnisation des astreintes, initialement fixé à 280 euros, sera désormais porté jusqu'à 500 euros pour les personnels hospitalo-universitaires. Cette augmentation cible spécifiquement les astreintes les plus sollicitées et les plus contraignantes, comme celles liées aux activités de prélèvement et de transplantation d'organes ou à certaines interventions urgentes. Le montant exact de la majoration sera déterminé par les directeurs généraux des CHU, en fonction de la fréquence et de la durée des déplacements effectués au chevet des patients pendant ces périodes d'astreinte.
Le ministère de la Santé a souligné dans un communiqué que cette annonce permettait de mieux valoriser l'engagement des hospitalo-universitaires, notamment dans les contextes les plus difficiles. La mesure représente un coût de 18,4 millions d'euros en année pleine, témoignant de l'importance accordée à cette revalorisation.
Un statut mixte source de complexité
Les astreintes correspondent aux périodes où les médecins ne sont pas physiquement présents à l'hôpital mais doivent rester joignables à tout moment et pouvoir se rendre au chevet d'un patient si nécessaire. En 2025, le gouvernement avait mis en place une réforme augmentant les astreintes de tous les praticiens hospitaliers, avec un plafond porté à 280 euros. Cependant, les praticiens hospitalo-universitaires, qui cumulent des missions d'enseignement et de recherche avec leurs activités de soin, n'avaient pas bénéficié d'une amélioration aussi nette que leurs collègues hospitaliers.
Ce déséquilibre s'explique par leur statut mixte, à la croisée de la fonction publique et de la fonction publique hospitalière. Ce statut particulier leur interdit actuellement de bénéficier d'autres gratifications liées aux astreintes, comme une rémunération additionnelle pour le temps de travail ou l'abondement d'un compte épargne-temps, dont profitent leurs homologues hospitaliers en cas de déplacement.
Une avancée saluée mais des attentes persistantes
Le professeur Guillaume Captier, chirurgien et président du syndicat des hospitalo-universitaires (SHU), a salué cette annonce comme « une avancée » auprès de l'AFP. Il a toutefois rappelé que les professionnels attendaient toujours un dispositif permettant de comptabiliser le temps de travail effectué la nuit ou le week-end, une demande particulièrement forte chez les plus jeunes médecins. Cette revalorisation constitue donc une étape importante, mais des ajustements supplémentaires pourraient être nécessaires pour répondre pleinement aux besoins spécifiques de cette catégorie de soignants.



