Dès ce mardi 16 juin 2026, le dépistage de l'exposition au cadmium en laboratoire de ville est remboursé. L'objectif est de mieux détecter ce métal aux effets délétères sur la santé. Toutefois, des restrictions existent pour en bénéficier. On fait le point.
De quoi parle-t-on ?
Le cadmium est un métal présent dans l'environnement, classé comme « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), il est naturellement présent dans les roches à partir desquelles se forment les sols. Les activités humaines contribuent à augmenter sa présence dans les sols et constituent également une source d'émission dans l'eau et l'air.
L'épandage de fertilisants comme les engrais phosphatés très utilisés dans l'agriculture, ou encore les effluents d'élevage, sont notamment des causes de l'explosion de la présence de cadmium dans les sols français. En industrie, le cadmium est utilisé et émis dans plusieurs secteurs, notamment les industries métallurgiques, chimique et électrique, ainsi que lors de l'incinération des déchets ou du recyclage des batteries.
En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l'Anses, qui juge cette « imprégnation préoccupante ». La principale cause de contamination est l'alimentation.
À qui et par qui le test peut-il être prescrit ?
Le dosage urinaire du cadmium, appelé cadmiurie, peut être prescrit par un médecin aux « personnes potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence », quand « le sol a été préalablement reconnu par les autorités compétentes comme étant pollué par le cadmium », et à celles surveillées pour « une intoxication chronique au cadmium ». En cas de cadmiurie élevée chez ces patients, un dosage du cadmium dans le sang, réalisé en complément, sera également pris en charge.
La HAS préconisait en 2024 de dépister les résidents « potentiellement surexposés » des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (Champagne, Charente, Jura, Massif central…) ou riverains des 7 000 sites pollués par une implantation industrielle, qui se contaminent en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement. « Mais on n'exclura pas les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être sur-imprégnées : ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses », a précisé mi-mai le ministère de la Santé à l'AFP.
Combien ça coûte et y a-t-il un reste à charge ?
Chacun des deux actes de biologie médicale sera tarifé 27,50 euros, remboursé à 60 % par l'Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé. Le patient doit toutefois régler 2 euros de « participation forfaitaire » qui restent à sa charge sur chaque acte de biologie médicale, comme pour toute consultation chez le médecin. Pour plus d'informations, il convient de s'adresser en priorité à son médecin traitant.



