Un rapport remis au gouvernement propose une augmentation spectaculaire des frais d'inscription à l'université. Pour une licence, le montant passerait de 170 euros à 900 euros, soit une multiplication par plus de cinq. Pour un master, les frais grimperaient de 243 euros à 1 300 euros. Cette mesure vise à générer des recettes supplémentaires pour financer l'enseignement supérieur, confronté à des difficultés budgétaires.
Des mesures controversées pour financer l'université
Le rapport, piloté par l'économiste Pierre Jacquet, a été remis au ministre de l'Enseignement supérieur, Patrick Hetzel. Selon le document, cette hausse permettrait de récolter environ 1,5 milliard d'euros par an. Ces fonds seraient destinés à améliorer les conditions d'étude, augmenter les bourses et revaloriser les salaires des enseignants-chercheurs.
Le rapport préconise également de moduler les frais en fonction des revenus des familles, avec un système de tranches. Les étudiants les plus modestes pourraient bénéficier d'une exonération totale ou partielle. Cependant, les syndicats étudiants critiquent vivement cette proposition, estimant qu'elle risque de creuser les inégalités.
Réactions et oppositions
La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) a qualifié cette proposition de "scandaleuse" et dénonce une "marchandisation de l'enseignement supérieur". Selon eux, "l'université doit rester accessible à tous, indépendamment des moyens financiers". De son côté, l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) a appelé à une mobilisation nationale contre cette hausse.
Le gouvernement n'a pas encore pris position officiellement. Le ministre Patrick Hetzel a indiqué que le rapport serait "étudié avec attention" mais a rappelé que "toute décision devra tenir compte de l'équité sociale".
Contexte budgétaire tendu
Cette proposition intervient dans un contexte où les universités françaises sont confrontées à des difficultés financières croissantes. Le budget de l'enseignement supérieur a été réduit de 1,5 milliard d'euros en 2025, et plusieurs établissements alertent sur leur situation critique. Selon le rapport, les frais d'inscription actuels, parmi les plus bas d'Europe, ne permettent pas de couvrir les coûts réels de formation, estimés à 10 000 euros par étudiant et par an.
Le rapport propose également de créer un "prêt à remboursement contingent" pour aider les étudiants à financer leurs études. Ce prêt ne serait remboursé qu'à partir d'un certain seuil de revenus, ce qui limiterait le risque d'endettement.



