Des psychiatres montpelliérains analysent la personnalité controversée de Donald Trump
Psychiatres analysent la personnalité de Donald Trump

L'analyse psychiatrique de Donald Trump par des experts montpelliérains

Alors que la question de la santé mentale du président américain Donald Trump devient un sujet de débat public majeur, des psychiatres montpelliérains se sont prêtés à l'exercice délicat de l'analyse de sa personnalité. Mathieu Lacambre et Jean-Claude Pénochet, tous deux experts auprès des tribunaux, ont étudié pour Midi Libre les manifestations comportementales du dirigeant américain après quinze mois d'exercice du pouvoir.

Un débat qui dépasse les frontières américaines

La question n'est plus taboue, même à la Maison Blanche, où un journaliste a directement interrogé Donald Trump sur les critiques concernant sa santé mentale. En France, l'éditorialiste Thomas Legrand de Libération s'interrogeait récemment : "Donald Trump devient complètement taré et c'est le monde entier qui en subit les graves répercussions". Le média Hugo décrypte pose quant à lui la question directement : "Trump est-il fou ?".

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik apporte une nuance importante sur France Inter : "Ce n'est pas un malade mental, il ne faut pas employer le mot fou. Trump est responsable, donc il n'est pas fou. Ses manifestations étranges, comportementales, sont révélatrices d'une désorganisation". Il précise cependant : "C'est probablement un psychopathe".

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La "triade noire" : narcissisme, machiavélisme et psychopathie

Jean-Claude Pénochet, expert psychiatre auprès du tribunal judiciaire de Montpellier, travaille actuellement sur un livre comparant les personnalités de Donald Trump et Vladimir Poutine. Pour lui, les deux dirigeants représentent des spécimens de la "triade noire" ou "dark triade", une construction théorique américaine qui mêle narcissisme, machiavélisme et psychopathie.

"Avec plus de machiavélisme chez Poutine, et plus de narcissisme chez Trump", explique l'expert, qui souligne le côté "régressif, immature, enfantin, grandissime" du président américain. "Il veut son prix Nobel", rappelle-t-il. "Tous les deux sont psychopathes, qu'on appelle aussi la sociopathie, avec une incapacité à l'empathie, à recevoir l'autre comme soi-même, une absence de règles sociales et de culpabilité".

Un tableau clinique inquiétant

Dans l'ouvrage collectif Violences publié en février dernier sous la responsabilité de Mathieu Lacambre, un tableau clinique du psychopathe est dressé, avec des caractéristiques qui semblent correspondre au profil analysé :

  • Expression clinique : "Manipulation (mensonges) et domination (menaces)"
  • Rapport à soi : "Toute puissance, ego et autocentré"
  • Rapport aux autres : "Mépris avec sentiment de supériorité"
  • Type de violence : "Violences instrumentales proactives"

Le psychopathe incarne selon les experts la "figure mythique de la violence", avec des excès d'agressivité et l'infraction systématique des règles sociales et morales. "Il ne souffre pas, car il est dénué d'émotion et d'empathie, ce qui lui épargne honte et culpabilité", précisent les analyses psychiatriques.

Des projets mégalomanes et un langage choquant

Les psychiatres ont examiné les nombreuses déclarations et projets de Donald Trump qui alimentent le débat sur sa santé mentale :

  1. L'idée de se prendre pour le Pape
  2. Le projet de capturer le président du Venezuela
  3. L'imagination qu'il pourrait annexer le Groenland
  4. La déclaration sur la possibilité de "détruire une civilisation entière" en Iran
  5. L'utilisation d'un langage ordurier en public
  6. L'aménagement d'une salle de bal XXL à la Maison Blanche
  7. Le projet d'ériger un "Arc de Trump" à Washington pour le 250e anniversaire de l'indépendance américaine

Mathieu Lacambre, praticien hospitalier au CHU de Montpellier, analyse : "Il est dans l'effraction, il a saboté tous les repères du droit international, il saccage tout mais en même temps, il est relativement tolérant à la frustration et il a quand même des repères".

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Une réponse nuancée à la question centrale

Alors, Donald Trump est-il fou ? Les experts montpelliérains apportent une réponse nuancée. "C'est plus compliqué que ça. Si on simplifie, on se trompe. Il y a des degrés et des nuances", explique Jean-Claude Pénochet. "Trump n'est pas un malade mental, atteint d'une pathologie qui se manifeste par des comportements monocordes et répétitifs. Il a des troubles de la personnalité, qui sont un continuum de pathologies".

Le psychiatre illustre cette complexité : "Un jour, il fait n'importe quoi. Et le lendemain il suffit qu'il téléphone à la journaliste française Margot Haddad pour qu'on lui trouve toutes les qualités". Une analyse qui suggère que la réalité est plus complexe que les simples étiquettes de "fou" ou de "mégalomane" souvent utilisées dans le débat public.