Remboursement des protections menstruelles dès septembre : modalités pour 6,7 millions de femmes
Protections menstruelles remboursées : modalités pour 6,7 millions

Remboursement des protections menstruelles : une mesure pour 6,7 millions de femmes dès septembre

Le gouvernement a confirmé ce jeudi 16 avril 2026 que le remboursement des protections menstruelles réutilisables, adopté fin 2023, entrera en vigueur à la rentrée universitaire. Cette mesure cible spécifiquement les jeunes femmes de moins de 26 ans et les personnes les plus précaires, sans limite d'âge, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).

Une réponse à la précarité menstruelle

Dans un communiqué conjoint, les ministères de la Santé et de l'Égalité femmes-hommes ont souligné les objectifs de cette initiative : « lutter contre la précarité menstruelle », « soutenir le pouvoir d'achat en réduisant une dépense contrainte » et « encourager l'usage de protections réutilisables, plus durables et respectueuses de l'environnement ». Aurore Bergé, ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, a affirmé : « Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c'est une question de santé et de dignité. »

Cette annaque intervient dans un contexte où, selon une étude de novembre 2025 pour l'association Dons Solidaires, une femme sur dix utilise des alternatives inadéquates comme du coton ou de vieux vêtements déchirés, faute de moyens financiers.

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Modalités de remboursement détaillées

Le dispositif prévoit une prise en charge différenciée :

  • Pour les assurées de moins de 26 ans, le remboursement s'élève à 60 % par l'assurance maladie, le reste étant couvert par les complémentaires santé.
  • Pour les bénéficiaires de la C2S, considérées comme les plus précaires, la prise en charge est intégrale à 100 %.

Le gouvernement estime que cette mesure touchera environ 6,7 millions de personnes. Les produits concernés incluent les protections réutilisables commercialisées en pharmacie, telles que les culottes et les coupes menstruelles. Un cahier des charges, attendu après l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), précisera les références éligibles.

Réactions et perspectives

Les associations et syndicats ont accueilli cette annonce avec un mélange d'enthousiasme et de critiques. Manon Moret, secrétaire générale de l'Unef, a salué « une bonne chose », soulignant l'importance de telles politiques face à l'augmentation de la précarité étudiante. Une étude de l'Unef d'août dernier révèle un écart de coût de vie de près de 285 euros entre les personnes menstruées et les autres.

Cependant, des voix s'élèvent pour dénoncer les limites du dispositif. L'Union étudiante regrette « un remboursement partiel qui ne va pas mettre un terme à la précarité menstruelle » et la restriction d'âge à 26 ans. Lenna Guerrier, représentante Île-de-France de l'organisation, qualifie la mesure de « pansement ». Gaëlle d'Albenas, porte-parole d'Osez le féminisme, exprime sa satisfaction tout en déplorant le retard de mise en œuvre, attribué à un manque de priorisation politique.

Du côté des acteurs de terrain, Maud Leblon, directrice générale de Règles élémentaires, appelle à la prudence : « Il faut s'assurer que les produits concernés soient les plus sains possible et correspondent aux besoins des femmes. » Marion Goilav, co-fondatrice de la marque Elia, y voit « une avancée incroyable » et une opportunité pour relancer la réindustrialisation en France, tout en insistant sur la nécessité de traçabilité des produits.

Cette mesure, bien que saluée comme un pas en avant, soulève des questions sur son efficacité à long terme et son application concrète, laissant entrevoir des débats futurs sur l'extension et l'amélioration du dispositif.

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