Montpellier : un centre d'excellence unique au monde contre les maladies auto-immunes
Montpellier : centre d'excellence unique au monde contre maladies auto-immunes

Un centre d'excellence unique au monde à Montpellier

Les maladies auto-immunes, telles que la maladie de Crohn, le psoriasis, la sclérose en plaques, le lupus, le diabète ou la polyarthrite rhumatoïde, touchent entre 5 % et 8 % de la population. À Montpellier, l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Immun4Cure, dirigé par le professeur Christian Jorgensen, se positionne comme le premier centre d'excellence translationnel au monde dédié à ces pathologies. Deux ans après l'obtention du label IHU, le huitième en France, un partenariat stratégique de cinq ans a été signé entre le CHU, le laboratoire Sanofi, l'Inserm et l'université de Montpellier.

Un partenariat pour accélérer la recherche

Le 16 mai 2023, Emmanuel Macron avait annoncé la création de 16 nouveaux centres de recherche biomédicale dans le cadre du plan France 2030, dont l'IHU de Montpellier. Doté de 20 millions d'euros supplémentaires grâce à ce label, pour un budget global de 140 millions d'euros, Immun4Cure vise à passer de la recherche fondamentale aux applications cliniques, en développant des diagnostics et des traitements innovants. Le partenariat avec Sanofi, selon le Pr Jorgensen, va accélérer ces travaux.

L'IHU a déjà posé ses fondations autour de l'IRMB (Institut de médecine régénérative et de biothérapies), près de l'hôpital Saint-Eloi. Un centre clinique propose une prise en charge pluridisciplinaire. Par exemple, l'IHU est le premier centre français à offrir aux patients atteints de sclérodermie une thérapie par CAR-T, des lymphocytes T modifiés utilisés avec succès dans le traitement de certains cancers.

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Sanofi : un investissement gagnant-gagnant

Angel Cedazo-Minguez, directeur mondial des centres d'excellence translationnels de Sanofi, explique que la collaboration avec l'IHU, renforcée par l'intelligence artificielle, devrait permettre de réduire de deux ans la phase de développement clinique d'un médicament, habituellement de dix ans. Il précise que Montpellier est une première pour Sanofi, qui y est déjà implanté, et que la proximité du site, l'excellence académique et le besoin de mieux connaître les maladies auto-immunes ont motivé ce choix. Une collaboration similaire est en cours avec Marseille sur les maladies inflammatoires. Sanofi n'a pas fixé de montant d'investissement prédéfini, celui-ci dépendant du nombre de projets de recherche accompagnés. Les premiers résultats concrets sont attendus dès 2026.

Des avancées concrètes et des perspectives

Un nouveau bâtiment de recherche a été construit sur le campus de chimie, pôle Balard. Des brevets ont été déposés et 200 articles scientifiques publiés. Des biotechs se sont installées, travaillant sur l'imagerie, les biomarqueurs, l'ARN et les anticorps. Une équipe mixte IHU/Sanofi se réunira début novembre pour définir quatre ou cinq projets prioritaires. Le partenariat n'exclut pas d'autres collaborations avec des industriels pharmaceutiques.

L'IHU accélère également la création d'une banque de données unique sur les marqueurs biologiques des maladies, grâce à des prélèvements d'urine, de sérum, de salive et d'ADN. Une cohorte de mille patients atteints de sclérodermie, polyarthrite rhumatoïde, lupus ou maladies auto-immunes pédiatriques est en cours de recrutement. Selon le Pr Jorgensen, l'arrivée de Sanofi est un coup de pouce dans la quête de thérapies moléculaires ou cellulaires, déjà bouleversée par l'intelligence artificielle : On fait en un mois ce qu'on faisait en cinq ans. Les premières études cliniques sont annoncées pour début 2026.

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