Menton : l'ARCEMA lutte contre les addictions en zone frontalière
Menton : l'ARCEMA lutte contre les addictions frontalières

Une nouvelle structure pour répondre à un enjeu de santé publique

Depuis un peu plus d'un an, l'ARCEMA s'est installée à Menton pour lutter contre les addictions. Cette association œuvre dans la recherche, la formation et la sensibilisation des professionnels et du grand public. Son président, le Dr Guillaume Ceruti, psychiatre au CHU de Nice, détaille les réalités des conduites addictives en constante évolution.

À qui s'adresse l'ARCEMA ?

L'association accueille toutes les personnes impliquées ou intéressées par l'addictologie, que ce soit dans un cadre professionnel ou non. Elle est ouverte aux membres associatifs et aux « pairs aidants », des personnes ayant traversé une addiction ou vivant avec un trouble stabilisé, qui mettent leur expérience au service d'autres patients.

Pourquoi renforcer la sensibilisation aujourd'hui ?

Les addictions sont un enjeu majeur de santé publique. Aujourd'hui, de nouvelles formes émergent : addictions aux écrans, aux smartphones, aux jeux vidéo, ainsi que de nouvelles substances. Il est crucial de maintenir un travail constant de prévention.

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Les particularités de Menton, ville frontalière

Menton présente des spécificités liées à la proximité de l'Italie. Certains patients ont un accès plus facile aux opiacés et à la cocaïne, traversant régulièrement la frontière pour s'approvisionner. Selon le Dr Ceruti, des patients connaissent des lieux précis où acheter de l'héroïne « pas chère et de bonne qualité » côté italien. Cette dimension transfrontalière influence les pratiques locales.

Stress professionnel et addictions

Certains secteurs comme la finance, le luxe ou la restauration sont plus exposés aux addictions en raison d'horaires de nuit, de forte pression ou de concentration prolongée. On y observe un recours accru aux psychostimulants comme la cocaïne pour rester éveillé ou maintenir un haut niveau de concentration.

Les signes d'alerte d'une addiction

Les critères incluent la perte de contrôle, la compulsion à consommer, la poursuite malgré les conséquences négatives. Le signe le plus important est la poursuite de la consommation malgré des problèmes de santé, familiaux ou judiciaires. Par exemple, une personne qui perd son permis pour conduite en état d'ivresse mais ne parvient pas à réduire sa consommation présente un signal d'alerte.

Premiers pas vers la guérison

Le premier pas est d'en parler, idéalement à son médecin généraliste, formé au repérage des addictions et capable d'orienter vers des structures spécialisées.

Le rôle de l'entourage

Un entourage bienveillant et soutenant facilite énormément la sortie de l'addiction. Bien que cela ne soit pas toujours possible, un soutien familial ou amical est une aide précieuse.

Est-il possible de s'en sortir ?

Oui, de nombreuses personnes parviennent à retrouver une vie stable après une addiction. Aujourd'hui, on sait que des vulnérabilités persistent, mais le soin et l'accompagnement permettent une reconstruction.

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