Emmanuel Macron a lancé une offensive diplomatique inattendue en défendant les médecins immigrés, au cœur d'une visite à l'hôpital de Lavelanet, dans l'Ariège. Le président de la République a vivement critiqué les partisans d'une ligne dure avec l'Algérie, les qualifiant de « mabouls ». Il a également dénoncé les lourdeurs administratives qui entravent l'intégration des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue).
Un système « à l'ancienne » selon Macron
Le chef de l'État a pointé du doigt le système des Padhue, qu'il juge « encore le bordel » et « qui rend dingue ». Il a regretté que ces médecins, pourtant essentiels dans la lutte contre les déserts médicaux, soient contraints de repasser des concours pour être titularisés. « C'est des gens remarquables qu'on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l'hôpital et, le jour où il faut les titulariser […] on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde », a-t-il déclaré.
La CNAM pointée du doigt
Emmanuel Macron a également critiqué la Caisse d'Assurance Maladie (CNAM), accusée de perpétuer un « système à l'ancienne ». Selon lui, la logique actuelle consiste à « emmerder les gens longtemps » pour réduire les coûts, alors qu'il faudrait faire l'inverse. « On a un système qui marche sur la tête », a-t-il conclu.
Des chiffres qui parlent
Au 1er janvier 2025, 19 154 médecins diplômés hors UE exercent officiellement en France, selon l'Ordre des médecins. Parmi eux, 38,8 % sont diplômés en Algérie, 15,1 % en Tunisie, 8,6 % en Syrie, 7,4 % au Maroc et 4 % au Liban. Ces praticiens jouent un rôle crucial dans les zones sous-dotées, mais leur parcours administratif reste semé d'embûches.
Cette prise de position de Macron intervient dans un contexte de tensions diplomatiques avec l'Algérie, mais le président semble vouloir privilégier une approche pragmatique et humanitaire, loin des discours nationalistes.



