Hôpital de Lodève : pénurie de médecins oblige à réduire drastiquement l'activité
Lodève : l'hôpital réduit son activité faute de médecins

L'hôpital de Lodève confronté à une grave pénurie médicale

Le Centre Hospitalier de Lodève, situé dans l'Hérault, traverse une période de tensions extrêmes en raison d'une pénurie criante de médecins. Patrick Triaire, le directeur de l'établissement, alerte sur les conséquences dramatiques de cette situation qui oblige l'hôpital à réduire significativement son activité.

Une situation qui se dégrade depuis juin 2025

Le départ d'un médecin en juin 2025 a précipité l'hôpital dans une crise profonde. Aujourd'hui, l'établissement ne dispose que de deux médecins alors que quatre sont nécessaires pour fonctionner normalement. Cette carence a contraint la direction à prendre des mesures drastiques pour assurer tant bien que mal la continuité des soins.

"Nous avons fermé 23 lits d'Ehpad et réduit de 50% notre service de Soins Médicaux de Réadaptation (SMR)", détaille Patrick Triaire. La situation pourrait encore empirer puisque le médecin restant sur le service SMR a annoncé son départ pour mai prochain, créant une instabilité préoccupante et une absence totale de visibilité à court terme.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des difficultés de recrutement insurmontables

Le directeur multiplie les initiatives pour attirer des praticiens : publications d'annonces, contacts avec les hôpitaux voisins de Clermont-l'Hérault et le CHU de Montpellier, recours à des sociétés d'intérim et des cabinets spécialisés. Malgré ces efforts, aucune candidature n'a été reçue à ce jour.

Le problème est national : les médecins manquent partout, dans les petits hôpitaux de proximité comme dans les grands centres de soins. L'hôpital de Lodève pâtit également du plafonnement des rémunérations dans le service public, qui le rend moins attractif que le secteur privé.

Le CAPS et les conditions de travail impactés

Le Centre d'Accueil et de Permanence de Soins (CAPS), en cours de transformation en antenne de médecine d'urgence, est lui aussi touché par cette crise. Le CHU de Montpellier, auquel l'établissement est rattaché, ne peut fournir l'accompagnement médical nécessaire, étant confronté à ses propres tensions.

Cette situation d'incertitude a provoqué le départ de plusieurs médecins, entraînant des fermetures de plus en plus fréquentes : "de 3 à 4 jours par mois auparavant, nous en sommes aujourd'hui à 13 jours en mai et 14 en juin", précise le directeur, soulignant que ces fermetures interviennent en pleine période estivale où les passages sont pourtant plus nombreux.

La CGT en alerte et un absentéisme élevé

La CGT a déposé un préavis de grève local et manifesté ce mardi pour dénoncer le manque de médecins et les conditions de travail difficiles. Patrick Triaire reconnaît que travailler à l'hôpital n'a jamais été facile et que les conditions y sont éprouvantes au quotidien.

Le taux d'absentéisme, autour de 11% à Lodève, reste élevé. Paradoxalement, les effectifs n'ont pas diminué : l'hôpital comptait 288 agents en 2023 contre 299 en 2025. Mais dans le même temps, le taux d'occupation a chuté de 25% en raison des fermetures contraintes de lits.

Malgré ce tableau sombre, Patrick Triaire se dit combatif et garde espoir de recruter un médecin avant le 8 mai prochain, pour éviter une nouvelle réduction d'activité qui aggraverait encore la situation déjà critique de l'établissement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale