Insecticide interdit Sniper 1000 : quatre décès et un trafic inquiétant en France
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d'alarme concernant un insecticide illégal qui continue de circuler sur le territoire français. Le produit, nommé Sniper 1000, est formellement interdit depuis 2013 mais provoque toujours des intoxications graves, dont quatre cas mortels répertoriés.
Un produit hautement toxique et illégal
Le Sniper 1000 était autrefois utilisé pour combattre divers insectes dans les habitations, les entrepôts, les cultures et les élevages. Sa substance active principale, le dichlorvos, présente une toxicité élevée qui a conduit à son interdiction en France et dans l'Union européenne il y a plus de dix ans. Malgré cette interdiction, le produit continue d'être vendu illégalement sur des marchés, dans des bazars ou sur internet.
Des chiffres alarmants d'intoxications
Les données recueillies par les Centres antipoison sont particulièrement préoccupantes :
- Plus de 206 cas d'intoxication recensés entre 2018 et juin 2023
- 351 intoxications supplémentaires entre début 2023 et fin 2025
- Parmi ces 351 cas, 60% concernaient des femmes
- Quatre décès directement liés à l'utilisation du produit
Les symptômes d'intoxication peuvent être particulièrement graves, affectant les systèmes respiratoire, digestif, neurologique ou neuro-musculaire, avec des conséquences pouvant aller jusqu'au décès.
Un trafic qui s'étend sur tout le territoire
L'Anses rapporte que le Sniper 1000 fait l'objet d'un important trafic, particulièrement actif en Île-de-France où près de 70% des expositions ont été enregistrées. Le département de la Seine-Saint-Denis concentre à lui seul plus de 20% des cas.
Mais le phénomène ne se limite plus à la région parisienne. Contrairement aux précédents bilans, le produit circule désormais sur l'ensemble du territoire national, avec des cas d'intoxication signalés à Marseille, Limoges, Lyon et dans les territoires d'Outre-mer.
Origine et utilisation problématique
Le produit est principalement importé d'Afrique subsaharienne et continue d'être utilisé pour lutter contre les punaises de lit et les cafards, malgré les saisies régulières effectuées par les autorités sanitaires. L'analyse des 351 intoxications récentes révèle que :
- 255 cas étaient liés à l'utilisation du produit contre des nuisibles au domicile
- 39 cas concernaient une ingestion accidentelle par un enfant
- 32 cas correspondaient à une ingestion volontaire dans un but suicidaire
Les recommandations de l'Anses face aux punaises de lit
Face à la résistance croissante des punaises de lit à la quasi-totalité des insecticides en vente libre, l'agence sanitaire recommande vivement de recourir à un professionnel certifié si l'infestation persiste. Cette approche professionnelle garantit une intervention efficace tout en évitant les risques sanitaires liés à l'utilisation de produits dangereux comme le Sniper 1000.
L'Anses insiste sur l'importance de ne pas utiliser ce produit interdit, dont la dangerosité est avérée et dont la circulation illégale représente un véritable problème de santé publique en France.



