Cancer du poumon : l'immunothérapie plus efficace administrée avant 15 heures selon une étude
Immunothérapie avant 15h : meilleure efficacité contre le cancer du poumon

Cancer du poumon : l'heure d'administration de l'immunothérapie influence son efficacité

Le timing pourrait jouer un rôle crucial dans le traitement du cancer du poumon. Selon une étude de phase 3 publiée dans la prestigieuse revue Nature Medicine, les patients recevant une immunothérapie avant 15 heures présentent une progression significativement plus lente de la maladie que ceux traités plus tard dans la journée.

Une étude randomisée aux résultats probants

Cette recherche rigoureuse a été menée auprès de 210 participants atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules, tous n'ayant jamais reçu de traitement auparavant. Les patients ont été répartis aléatoirement en deux groupes distincts : le premier a bénéficié de l'immunothérapie avant 15 heures (groupe « précoce »), tandis que le second a été traité à 15 heures ou plus tard (groupe « tardif »).

Le cancer du poumon représente le troisième cancer le plus fréquent en France et constitue la première cause de décès par cancer chez les hommes, ce qui confère une importance particulière à ces découvertes.

Des bénéfices cliniques significatifs pour les traitements matinaux

Après un suivi médian de 29 mois, les résultats sont sans équivoque. Les patients du groupe précoce ont présenté une absence de progression du cancer pendant 11,3 mois en moyenne, contre seulement 5,7 mois pour le groupe tardif. La survie globale médiane atteignait 28 mois dans le groupe traité tôt, comparée à 16,8 mois pour les patients traités plus tardivement.

Le Pr Xavier Quantin, oncologue à l'Institut régional du cancer de Montpellier, confirme ces observations : « Des données rétrospectives, une méta-analyse et des études prospectives convergent toutes vers l'existence d'un bénéfice clair dans l'administration matinale de l'immunothérapie. »

Les taux de réponse au traitement corroborent cette tendance, avec 69,5 % de réponses dans le groupe précoce contre 56,2 % dans le groupe tardif. Fait notable, aucune différence significative n'a été observée concernant les événements indésirables d'origine immunitaire entre les deux groupes.

Les rythmes circadiens au cœur du mécanisme

L'explication de ce phénomène résiderait dans l'interaction entre notre horloge biologique et le système immunitaire. « Nous sommes des animaux sensibles à la lumière avec un rythme nycthéméral de 24 heures », explique le Pr Quantin. « L'activité du système immunitaire fluctue selon ce cycle, tout comme l'expression de PD-1, cible des inhibiteurs de points de contrôle utilisés en immunothérapie. »

L'étude montre une augmentation des lymphocytes T ayant une activité antitumorale chez les patients recevant l'immunothérapie le matin. Ces cellules immunitaires peuvent infiltrer la tumeur pour détruire les cellules cancéreuses, et leur activation semble optimale en début de journée.

Une pratique déjà répandue pour des raisons organisationnelles

Dans les faits, de nombreux services d'oncologie administrent déjà l'immunothérapie le matin pour des raisons pratiques. « Les biothérapies sont souvent réalisées en début de journée car les équipes peuvent préparer le traitement en amont », précise l'oncologue. « Même pour les patients venant l'après-midi, le soin est fréquemment administré avant 15 heures. Passer à une administration systématiquement matinale ne devrait donc pas poser de difficultés majeures. »

Recommandations complémentaires pour optimiser le traitement

Pour maximiser l'efficacité de l'immunothérapie, le Pr Quantin souligne également l'importance d'éviter certains médicaments. « Il est recommandé de limiter au maximum la corticothérapie, car moins il y a de cortisone, mieux c'est », insiste-t-il.

Le spécialiste met également en garde contre :

  • Les médicaments à effet immunosuppresseur
  • Les inhibiteurs de la pompe à protons (protecteurs gastriques) qui peuvent modifier le microbiote
  • L'antibiothérapie lorsqu'elle n'est pas indispensable

Ces précautions s'avèrent d'autant plus cruciales que le cancer du poumon continue de faire environ 30 000 victimes chaque année en France. Cette étude ouvre donc des perspectives concrètes pour améliorer la prise en charge standard de cette pathologie redoutable, simplement en optimisant l'horaire d'administration d'un traitement déjà disponible.