L’Hôpital de la faune sauvage à Laroque se relève après une crise interne
Basé à Laroque, aux portes de Ganges, dans l’Hérault, l’Hôpital de la faune sauvage, porté par l’association Goupil connexion, traverse une période de turbulences. En février dernier, le syndicat Asso Solidaires Hérault a publié un communiqué accablant, s’appuyant sur quinze témoignages de bénévoles, jeunes en service civique et salariés. Ceux-ci dénonçaient des violences verbales et psychologiques, des humiliations, des insultes, des amplitudes horaires dépassant douze heures, des heures supplémentaires non payées ni récupérées, ainsi que des cas de maltraitance animale.
Une direction sidérée par les accusations
La présidente Monique Fernandez et la vice-présidente Marie-Pierre Puech, créatrice du centre, se sont dites « sidérées » par ces accusations. Catherine Audic, responsable pédagogique et membre de longue date, relativise : « Des crises, il y en a partout. Elle nous a fait grandir. »
Des mesures correctives pour apaiser la structure
Depuis trois mois, l’association a mis en place des actions pour restaurer un climat serein. Elle a recruté des profils expérimentés à des postes clés : Maria Belem Aguirre, venue du Pérou, à la responsabilité des soins ; Krystel Lememnez, soigneuse animalière, à la gestion et l’organisation ; et Mathilde Clanet, également soigneuse animalière. Catherine Audic explique : « Nous sommes un centre de soins et nous avons toujours voulu privilégier l’embauche de jeunes pour former et transmettre. C’est un rêve de soigner les animaux, mais face à la réalité, ça ne passe pas toujours. C’est beaucoup de travail, parfois tendu. Nous recevons plus de 3 000 animaux par an, avec trois mois de forte activité : juin, juillet, août. »
Elle ajoute : « Il faut accepter que l’on ne puisse pas sauver tous les animaux. Cela peut être stressant, traumatisant. Pour un orphelin non plumé, on ne pourra rien faire. Avec le public aussi, il faut comprendre que nous ne sommes pas un service public ouvert 24 heures sur 24. Mais maintenant, c’est derrière nous. Nous avons recruté deux personnes responsables, qui connaissent le travail et savent gérer une équipe, l’accueil, les stocks. »
L’assemblée générale pour tourner la page
Ce samedi 6 juin, l’assemblée générale de Goupil connexion, forte de près de 500 adhérents et 3 salariés pour un budget annuel de 150 000 €, vise à fédérer les équipes et préparer le rush estival. L’occasion aussi de se projeter vers les 30 ans de l’association, créée en 1996.
Deux projets d’avenir pour la faune sauvage
L’avenir de l’Hôpital de la faune sauvage pourrait s’écrire au domaine de Nicouleau, à Brissac, à quelques kilomètres de Laroque. Marie-Pierre Puech, vétérinaire et créatrice du centre, porte ce projet sur 77 hectares, visant une « évolution vers un monde en paix », en soignant les animaux, restaurant les espaces naturels, transmettant des savoirs et accueillant du public. Une cagnotte en ligne sur Helloasso a déjà réuni plus de 2 000 €.
Par ailleurs, la Ville de Montpellier prévoit un centre de soins pour animaux sauvages au bois de Montmaur, près du zoo de Lunaret, sur 6 000 m². Présenté il y a un an, ce projet, annoncé pour fin 2027, est estimé à 5 millions d’euros et pourrait être géré en coopération avec Goupil connexion.



