Un nouveau chapitre s'ouvre pour l'hôpital de Marmande. Mercredi 22 avril, Bertrand Perrin, administrateur provisoire nommé en janvier, a présenté aux membres du conseil de surveillance le cadre d'un plan de retour à l'équilibre financier, alors que le déficit avoisine les 12 millions d'euros. Une vingtaine de « fiches actions » ont été soumises et approuvées par les élus, parlementaires, représentants syndicaux, des usagers et du corps médical. En début de semaine, la Commission médicale d'établissement et le Conseil social économique avaient déjà pu en prendre connaissance.
7,5 millions d'euros en 5 ans
Ces fiches ne constituent pas un inventaire de mesures, mais « des trajectoires qui doivent maintenant être travaillées et développées pour produire les effets attendus », précise Joël Hocquelet, maire de Marmande et président du conseil de surveillance. L'objectif : réduire la dette de 7,5 millions d'euros en cinq ans. Bertrand Perrin, ancien directeur d'hôpital, pilote ce plan qui « assure le maintien de l'offre de soin actuelle » et repose « sur la rationalisation et la maîtrise des dépenses », selon le maire, qui se dit « optimiste » à l'issue de la réunion. « C'est un plan qui ne casse pas l'outil », conclut l'édile socialiste, saluant l'effort de concertation de l'administrateur provisoire.
Dialogue social
Du côté de la CFDT, syndicat majoritaire du Centre intercommunal Marmande-Tonneins (Chic M-T), on se félicite que le conseil de surveillance ait confirmé « la volonté d'un dialogue social », tout en restant vigilant, rapporte Angélique Marmié, secrétaire adjointe départementale de la CFDT santé sociaux. « Il a été proposé que les organisations syndicales soient associées à des groupes de travail pluridisciplinaires pour élaborer des actions concrètes », poursuit-elle, précisant que la CFDT sera attentive à l'impact sur l'emploi (notamment des contractuels) et sur les conditions de travail.
Leviers d'économies
Le spectre de suppressions massives de postes n'est pas à l'ordre du jour, même si la maîtrise de la masse salariale figure parmi les leviers identifiés. Côté recettes, la vente d'actifs immobiliers et l'amélioration du codage des actes médicaux ont été évoquées. L'établissement est désormais accompagné par un médecin du Département de l'information médicale (DIM), dont c'est la mission. Autre défi : la durée moyenne des séjours, trop élevée pour la rentabilité. « Le souci est lié au territoire : nous n'avons pas assez de lits en aval pour orienter les patients, ce qui allonge les séjours, explique Angélique Marmié. Or, il s'agit d'un bassin de 100 000 habitants vieillissant. »
L'association Urgences accès aux soins pour tous juge que le plan « essaie de gratter par-ci, par-là », mais que le déséquilibre financier, structurel, ne pourra être résolu qu'en répondant aux problèmes de fond : la pénurie de médecins généralistes et spécialistes, et le manque de moyens de l'État.



