Le Health Data Hub (HDH), la plateforme française de centralisation des données de santé, a annoncé jeudi 24 avril 2026 le transfert de ses données de l'hébergeur américain Microsoft vers un prestataire français, mettant fin à des années de controverses sur la souveraineté des données sanitaires.
Une décision attendue depuis longtemps
Cette migration, effective depuis le début du mois, répond aux critiques récurrentes sur la dépendance du HDH envers un géant technologique américain, perçue comme une menace pour la confidentialité des données des patients français. Le nouvel hébergeur, dont l'identité n'a pas été dévoilée, est une entreprise française certifiée "Hébergeur de Données de Santé" (HDS) et basée en France.
Le HDH a été créé en 2019 pour faciliter l'accès aux données de santé anonymisées, dans le but de stimuler la recherche médicale et l'innovation. Cependant, son choix initial de Microsoft Azure avait suscité l'inquiétude de nombreux acteurs, notamment des associations de défense des libertés numériques et des professionnels de santé.
Les enjeux de la souveraineté des données
Le débat sur la souveraineté des données de santé s'est intensifié ces dernières années, avec la crainte que des données sensibles puissent être exploitées par des entreprises étrangères ou soumises à des législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) avait elle-même émis des réserves sur le recours à un hébergeur non européen.
Ce transfert marque un tournant dans la politique de gestion des données de santé en France. Il s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique, encouragée par le gouvernement, qui vise à réduire la dépendance aux géants du numérique américains et à promouvoir des solutions locales.
Les implications pour la recherche
Le HDH assure que cette migration se fera sans interruption de service et que les projets de recherche en cours ne seront pas affectés. Les chercheurs continueront à pouvoir accéder aux données via la plateforme, mais sous une infrastructure désormais française.
Cette décision est saluée par les défenseurs de la protection des données, mais certains experts mettent en garde contre les défis techniques et financiers que représente un tel transfert. Le HDH devra garantir la sécurité et l'intégrité des données tout au long du processus.
En conclusion, le Health Data Hub fait un pas décisif vers une gestion plus souveraine des données de santé, répondant ainsi aux préoccupations légitimes des citoyens et des professionnels de santé. Reste à savoir si cette migration inspirera d'autres institutions publiques à suivre le même chemin.



