Le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Montpellier sera fermé ce jeudi, à l’instar des treize autres antennes d’Occitanie du réseau national. Cette action vise à alerter sur la situation financière précaire de ces structures, essentielles pour l’accueil et l’accompagnement des personnes victimes de violences conjugales ou confrontées à des difficultés d’accès aux droits.
Des subventions de l’État en retard
Les CIDFF, financés en partie par des subventions d’État provenant des ministères de la Justice et de l’Égalité entre les femmes et les hommes, n’ont pas encore reçu leurs enveloppes budgétaires pour 2025. Maïtena Cassat, directrice du CIDFF de l’Hérault, explique : « Le projet de loi de finances a été adopté tardivement ; nous ne savons toujours pas combien nous allons toucher. Localement, nous avons de la chance car nous avons eu une gestion financière très prudente. »
À cette incertitude s’ajoute la décision nationale de verser aux salariés une prime Ségur de 238 euros bruts, non compensée par l’État. Fin 2024, le CIDFF de l’Hérault a dû présenter un budget provisoire 2025 déficitaire, une situation inédite pour l’association. Mme Cassat souligne : « On nous annonce que l’égalité femme-homme est une priorité du second quinquennat, cela devrait être suivi de budget dédié. Il faut se donner les moyens. »
Réduction des effectifs et impact sur les bénéficiaires
Face à ces difficultés, le centre a réduit ses effectifs : deux postes de juristes sur cinq n’ont pas été remplacés, un poste dédié à l’accompagnement vers l’emploi a été supprimé, et les heures de soutien psychologique ont été réduites. En 2024, le CIDFF de l’Hérault a accueilli près de 17 000 personnes à travers ses permanences dans 27 communes. Parmi elles, 3 329 ont été accompagnées, principalement pour des violences conjugales (47 %) et des problèmes d’accès à l’emploi ou à la formation (41 %).
La mission du CIDFF, confiée par l’État, est de « favoriser l’autonomie sociale, professionnelle et personnelle des femmes et de construire l’égalité entre les femmes et les hommes ». Les salariés interviennent également sur les questions de parentalité et de médiation familiale. Mme Cassat s’inquiète : « Ce sont les femmes qui en pâtissent. Moins de salariés, c’est moins d’heures de permanence, et ce sera autant de femmes qui n’auront plus l’information sur leurs droits. »
Un réseau national en danger
Le CIDFF de l’Hérault compte actuellement 28 salariés, mais des questions se posent déjà pour 2026. À l’échelle nationale, près de 120 postes seraient menacés sur un total de 1 400 professionnels répartis dans toute la France, y compris en zones rurales. La fédération nationale des CIDFF estime que l’ensemble du réseau est « en danger », dans un contexte social marqué par l’explosion des violences intrafamiliales.



