Comment parler de maladie grave aux enfants quand un parent est touché ?
La question est délicate et universelle. Hugo Philip a dû y faire face concrètement lorsque Caroline Receveur, sa femme, a été diagnostiquée d'un cancer du sein. Leur fils Marlon n'avait alors que cinq ans, un âge où la compréhension doit être adaptée avec soin.
Trouver les mots justes sans apeurer
Comme l'a confié le mannequin et influenceur le 11 février dans le podcast des Paternelles, l'objectif était clair : expliquer sans mentir, mais en simplifiant le vocabulaire. « Pas question de mentir, mais plutôt d'adapter », souligne-t-il. La transparence doit coexister avec une protection psychologique.
La métaphore des super-héros contre la maladie
« Tu enjolives un peu le truc. Tu expliques que maman a une boule dans le sein et qu'on va lui faire des petits traitements supersoniques qui vont réussir à détruire la petite boule », détaille Hugo Philip. Cette approche imagée, évoquant un côté dessin animé, permet de souligner le courage de la mère tout en évitant les termes trop durs comme « cancer » ou « chimiothérapie ».
La métaphore des super-héros résonne particulièrement chez l'enfant, transformant l'épreuve en un combat héroïque. Cependant, certains aspects restent violents, quelle que soit l'approche. « Après, quand tu lui rases les cheveux, forcément c'est un choc pour lui », concède le mari de la femme d'affaires, évoquant le moment difficile où Marlon a vu sa mère perdre ses cheveux.
Protéger sans mentir durant les moments les plus durs
Il a fallu établir des barrières pour préserver l'enfant. Les parents ont ainsi rarement amené Marlon à l'hôpital, notamment pendant les chimios les plus compliquées où Caroline était dans des états difficiles à voir – fatigue intense, déshydratation. « Le préserver de tout ça » était essentiel, explique douloureusement Hugo Philip, qui s'est uni à Caroline Receveur en 2020.
Malgré ces précautions, Marlon a perçu l'angoisse ambiante. « Il y a eu toute une période après ça où il ne pouvait pas voir Caro partir », témoigne Hugo Philip, ému. L'enfant s'accrochait à sa jambe, associant son départ à l'hôpital à une peur de ne plus la revoir. « Il l'a ressenti lui-même. Il savait qu'il y avait un danger », ajoute-t-il, sans qu'une issue tragique n'ait été explicitement évoquée.
Une issue heureuse après l'épreuve
Aujourd'hui, la petite famille peut enfin souffler : Caroline Receveur est en rémission. Ce témoignage poignant illustre l'équilibre délicat entre honnêteté et protection, montrant que même les plus jeunes ressentent profondément les épreuves familiales. L'approche par métaphores et la limitation des expositions traumatisantes offrent des pistes précieuses pour les parents confrontés à des situations similaires.