Ebola en RDC : 65 morts, 246 cas suspects, propagation en Ouganda
Ebola en RDC : 65 morts, 246 cas, propagation en Ouganda

Une nouvelle épidémie d'Ebola a été déclarée vendredi en République démocratique du Congo (RDC), tandis que l'Ouganda voisin a également annoncé l'état d'épidémie après un décès causé par le virus sur son territoire. Il s'agit de la 17e épidémie de cette maladie virale mortelle dans le pays.

Une épidémie de grande ampleur

L'agence sanitaire de l'Union africaine (UA) a annoncé une nouvelle épidémie d'Ebola dans la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC. Environ 246 cas et 65 décès ont été signalés, principalement dans les villes minières aurifères de Mongbwalu et Rwampara, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le redoutable virus a entraîné la mort de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Lors des flambées épidémiques passées, le taux de mortalité a fluctué entre 25 % et 90 %, selon l'OMS.

L'agence sanitaire de l'UA, basée à Addis Abeba, a immédiatement mis en garde vendredi contre un "risque élevé de propagation". Cette crainte s'est avérée justifiée : dans la soirée du vendredi 15 mai, le ministère de la Santé ougandais a annoncé que son pays était touché. Un homme de 59 ans, originaire de la RDC et admis lundi dans un hôpital de la capitale ougandaise Kampala, est décédé des suites du virus jeudi. Son corps a été rapatrié le jour même. "Il s'agit d'un cas importé de la RDC. Le pays n'a pas encore confirmé de cas local", a souligné le ministère ougandais.

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Un variant sans vaccin

Des tests ont révélé que l'homme était porteur du variant du virus Ebola appelé Bundibugyo. Il n'existe pas de vaccin contre ce variant. La souche Zaïre du virus est la seule pour laquelle un vaccin a été mis au point. "Il s'agit d'une épidémie de grande ampleur", a déclaré lors d'un point presse Jay Bhattacharya, directeur par intérim des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis. Le gouvernement congolais ne s'est pas encore exprimé depuis la déclaration de cette nouvelle épidémie.

17e épidémie en 50 ans

Ebola a été découvert pour la première fois en 1976 dans ce qui est aujourd'hui la RDC. Il s'agit de la 17e épidémie de cette maladie virale mortelle dans le pays. Le dernier épisode en RDC, déclaré en août 2025 dans le centre du pays, avait fait au moins 34 morts. L'épidémie la plus meurtrière dans le pays avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades entre 2018 et 2020.

La province aurifère de l'Ituri connaît quotidiennement d'intenses mouvements de population liés à l'activité minière. Par ailleurs, l'accès à certaines parties de la province, en proie à des violences menées par de nombreux groupes armés, est difficile pour des raisons sécuritaires. Les cas signalés dans la région au cours des dernières semaines ont été recensés dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara, qui comptent chacune près de 150 000 habitants. La zone de Mongbwalu est située à environ 90 km et deux heures de route de Bunia, capitale de l'Ituri. Celle de Rwampara est adjacente à l'agglomération de Bunia. Des cas suspects ont été enregistrés à Bunia, dont la population est estimée à 300 000 habitants environ, selon l'Africa CDC.

Des décès en cascade

Dans les zones infectées, de premiers enterrements ont déjà eu lieu et l'inquiétude monte. "Depuis quelques semaines, la commune de Mongbwalu enregistre des cas de décès en cascade, avec au moins cinq à six morts par jour", a décrit Gloire Mumbesa, un habitant de Mongbwalu, contacté par téléphone. "Nous venons de creuser des tombes pour enterrer trois personnes", a confié Salama Bamunoba, membre de la société civile de Rwampara. Selon une source sanitaire de la région de Mongbwalu, sous couvert de l'anonymat, un nombre de "décès exponentiel" a été constaté depuis mi-avril.

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En RDC, l'acheminement de médicaments et d'équipements est souvent un défi, sur un territoire grand comme quatre fois la France doté de voies de communication limitées et en mauvais état. "La région où l'épidémie survient est extrêmement instable en raison de la situation humanitaire en cours et des mouvements de population entre le Soudan du Sud, l'Ouganda et d'autres zones", a souligné Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d'alerte et de réponse aux urgences sanitaires à l'OMS, lors d'une conférence de presse vendredi à Genève. Mais "la République démocratique du Congo possède une grande expérience dans la gestion d'Ebola", a-t-il souligné.