Alors que la France traverse une vague de chaleur intense et que les Alpes-Maritimes comme le Var sont placés en vigilance orange « canicule » ce mardi 23 juin 2026, les enfants sont particulièrement vulnérables. Selon le Centre hospitalier Simone Veil de Beauvais, « les nourrissons et les jeunes enfants ne régulent pas leur température corporelle aussi efficacement que les adultes. Lorsqu’il fait chaud, ils transpirent moins, ce qui les expose à un risque accru de déshydratation ou de coup de chaleur ».
À quelle vitesse un enfant se déshydrate-t-il ?
Plus l’enfant est jeune, plus la déshydratation est rapide. Chez le nourrisson (jusqu’à 2 ans), elle peut survenir en quelques minutes. Le risque est majeur car leur corps ne régule pas encore bien la température.
Quels sont les signes à guetter ?
Les signes varient selon l’âge. Chez le nourrisson, Pauline Brunet, pédiatre à Lenval, explique dans une vidéo de sensibilisation que « le coup de chaleur va se manifester par un bébé qui va être beaucoup plus hypnotique, qui va avoir chaud, qui va moins répondre à ses parents, qui va être moins dans le contact ». Des couches moins mouillées ou une bouche sèche sont aussi des signaux d’alarme.
Chez l’enfant plus grand, les signes incluent une forte soif difficile à étancher, des maux de tête, une fatigue inhabituelle et des passages aux toilettes moins fréquents. Le stade le plus alarmant est le coup de chaleur ou hyperthermie, défini par une température interne supérieure à 40 °C. Le ministère de la Santé énumère également : forte fièvre, bouche et lèvres sèches, pouls rapide, somnolence anormale ou forte agitation, yeux creux et pupille dilatée, nausées ou vomissements.
Quels réflexes adopter pour éviter la déshydratation ?
Chez le nourrisson, il faut proposer très régulièrement à boire car « il ne va pas dire spontanément qu’il a soif », rappelle le Dr Brunet. Avant un an, toute exposition au soleil est déconseillée. La peau des enfants est plus fine et fragile, elle absorbe plus rapidement la chaleur, augmentant le risque de brûlures même à l’ombre.
Pour les plus grands, l’exposition est à bannir entre midi et 16 heures. Une protection maximale est requise : chapeau, lunettes de soleil, textile anti-UV, vêtements légers et clairs, crème solaire indice 50 appliquée toutes les 2 heures et après chaque baignade. Il est également conseillé de mouiller régulièrement la peau des enfants et d’éviter les activités physiques.
Climatiser ou ventiler le logement est utile, mais sans excès. Le Dr Brunet préconise une différence de 5 à 10 degrés avec l’extérieur, pas plus, pour éviter les chocs thermiques. À tout âge, ne jamais laisser un enfant dans une voiture, même quelques minutes.
Quand consulter pour risque de déshydratation ?
Chez le nourrisson, la plus grande vigilance est de mise. « Si l’enfant est très hypnotique, qu’il refuse de boire, qu’il n’est pas dans le contact, s’il ne fait plus pipi depuis 24 heures, il vaut mieux consulter tout de suite », conseille la pédiatre niçoise.
Chez les plus grands sans maladies chroniques, si des signes apparaissent, il faut d’abord allonger et dévêtir l’enfant, le rafraîchir avec un linge humide, l’éventer et l’hydrater avec des boissons contenant du sucre et du sel (eau sucrée, bouillons de légumes salés), selon l’Assurance maladie. Sans amélioration rapide, consultez un professionnel de santé ou appelez le 15 ou le 112.



