Dépression : 16% des adultes touchés, les jeunes et femmes particulièrement vulnérables
Dépression : 16% des adultes touchés, jeunes et femmes vulnérables

Dépression : un fléau qui touche un adulte sur six en France

Les chiffres du Baromètre de Santé publique France révèlent une réalité préoccupante : près d'un adulte sur six, soit 16 % de la population, a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois. Cette maladie psychique affecte particulièrement les jeunes adultes de moins de 30 ans, avec un taux de 22 %, ainsi que les femmes, touchées à 18 % contre 13 % pour les hommes.

Une maladie grave, bien plus qu'une simple déprime

Valérie Sengler, psychanalyste à Paris et Saint-Mandé, alerte sur la gravité de cette pathologie : « Dans une dépression, la personne est vraiment comme morte. Ce n'est pas du tout comme un burn-out ou une déprime passagère. Les personnes dépressives ne parviennent plus à manger, parfois même à aller aux toilettes seules, elles ne peuvent plus rien faire. C'est une situation gravissime. »

Les symptômes à reconnaître pour réagir rapidement

Il est crucial d'identifier les premiers signes pour mettre en place une prise en charge adaptée. Une personne dépressive peut présenter plusieurs symptômes :

  • Une tristesse constante accompagnée de pleurs et d'une sensation de vide
  • Un manque d'intérêt pour les activités du quotidien et une perte de plaisir
  • Une baisse du désir et du plaisir sexuel
  • Des troubles du sommeil (insomnies, réveils précoces) ou au contraire un besoin excessif de dormir
  • Une perte d'appétit et de poids, ou à l'inverse une prise de poids
  • Une agitation ou une réduction d'énergie avec une fatigue permanente
  • Une perte de confiance et d'estime de soi, accompagnée de culpabilité
  • Des difficultés à se projeter dans l'avenir avec des pensées négatives
  • Des problèmes de concentration, de réflexion et de mémoire

« Il est indispensable de conserver des activités sources de plaisir et de continuer à faire ce qui nous fait du bien », confirme la psychanalyste.

Stabilisateurs émotionnels et lutte contre l'isolement

Pour prévenir la dépression, Valérie Sengler recommande d'adopter des « stabilisateurs émotionnels » : « Il faut essayer de garder des habitudes et des rythmes : un cours de sport, des heures fixes de repas, une sortie avec ses amis. Ce sont autant de routines qui permettent de rassurer son inconscient. Quand on commence à faire n'importe quoi, notre inconscient s'inquiète et se dit qu'il y a quelque chose qui ne va pas. »

La lutte contre l'isolement est primordiale : « Il est crucial de ne pas être seul. Avoir un lien avec ses amis, sa famille, dans un club de sport, dans une association. Autant d'interactions qui permettent de sortir de sa solitude. Même seulement aller lire dans un café procure des bienfaits. »

Identifier les facteurs de stress et se rééduquer émotionnellement

La psychanalyste conseille également d'identifier l'élément stressant à l'origine de cet état : « Il faut lâcher prise et remettre chaque chose au bon niveau. Il faut voir ce qu'il y a de bien en nous pour éviter cette voie négative qui peut nous emporter dans une spirale toxique. »

Pour cela, elle recommande la pratique quotidienne de mantras positifs : « Pour se rééduquer émotionnellement, vous pouvez vous dire chaque jour “je suis parfaite comme je suis” ou encore “je m'aime comme je suis”. L'idée c'est de rester positive et de ne pas se laisser submerger par le négatif. »

Consulter sans attendre et traitements disponibles

Valérie Sengler insiste sur l'importance de consulter rapidement : « N'attendez pas d'être au fond du trou pour voir un spécialiste. C'est comme pour le dépistage d'un cancer, c'est toujours plus simple de prendre en charge la maladie dès l'apparition des premiers signes que quand elle est installée depuis trop longtemps. »

Une fois le diagnostic posé, plusieurs approches thérapeutiques existent :

  • Les antidépresseurs pour soulager les symptômes et stabiliser l'humeur
  • La psychothérapie pour diminuer le risque de récidive
  • Dans les formes légères, la psychothérapie seule peut être aussi efficace que l'association avec des médicaments

Santé publique France rappelle que parmi les 11-75 ans, 16 millions de personnes ont déjà pris des médicaments psychotropes en France, les anxiolytiques étant les plus consommés devant les hypnotiques et les antidépresseurs.

Nouvelles perspectives thérapeutiques

En mai 2025, l'Inserm a relayé les conclusions prometteuses d'une nouvelle piste thérapeutique pour traiter la dépression résistante par ultrasons. Selon les résultats publiés dans Brain Stimulation, les chercheurs ont observé des effets encourageants avec un traitement sur cinq jours consécutifs utilisant des ultrasons focalisés de faible intensité modulant l'activité des régions cérébrales profondes impliquées dans la dépression.