Arrêts maladie : le Covid long, angle mort du débat public
Covid long : angle mort des arrêts maladie

Alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit de la Sécurité sociale, le Covid long reste un angle mort du débat public. Pourtant, cette affection post-infectieuse toucherait près de 1,5 million de personnes en France, selon une étude de l'Assurance maladie publiée en février 2024. Le nombre d'arrêts de travail liés au Covid long a explosé, représentant un coût considérable pour les finances publiques.

Un phénomène massif mais invisible

Selon les données de l'Assurance maladie, le nombre de personnes en arrêt de travail pour Covid long a augmenté de 50% entre 2022 et 2023. Au total, ce sont plus de 200 000 arrêts de travail qui ont été prescrits pour cette pathologie en 2023. Pourtant, le sujet reste peu abordé dans les débats politiques et médiatiques. « Le Covid long est un véritable enjeu de santé publique, mais il est souvent minimisé », déplore le Dr. Catherine L., médecin généraliste interrogée par Le Point.

Un coût économique sous-estimé

L'impact économique du Covid long est loin d'être négligeable. Selon une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), le coût total des arrêts maladie pour Covid long pourrait atteindre 1,2 milliard d'euros en 2024. Ce chiffre inclut les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, mais aussi les pertes de productivité pour les entreprises. « Il y a une urgence à mieux reconnaître cette maladie pour adapter notre système de soins et notre politique de prévention », insiste le Dr. L.

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Des patients en souffrance

Les patients atteints de Covid long décrivent des symptômes invalidants : fatigue chronique, essoufflement, troubles cognitifs. Nombre d'entre eux se sentent incompris et abandonnés par le système de santé. « On nous dit que c'est dans la tête, alors que nous sommes épuisés et incapables de travailler », témoigne Marie, 42 ans, en arrêt depuis 18 mois. Les associations de patients réclament une meilleure prise en charge et une reconnaissance officielle de la maladie.

Un angle mort politique

Malgré l'ampleur du phénomène, le Covid long est quasiment absent des débats sur la réforme des retraites ou la maîtrise des dépenses de santé. « C'est un sujet qui dérange car il remet en cause le discours sur le retour à la normale », analyse le sociologue Jean-Pierre D. Pour lui, le silence politique s'explique aussi par la difficulté à diagnostiquer et à quantifier précisément le Covid long. « On manque de données fiables, ce qui permet aux décideurs de ne pas avoir à agir. »

Des pistes pour l'avenir

Face à ce constat, plusieurs experts appellent à la création d'un plan national de lutte contre le Covid long. Cela passerait par un meilleur dépistage, un suivi médical renforcé et des aménagements du travail pour les malades. « Il faut aussi former les médecins à reconnaître cette pathologie », ajoute le Dr. L. En attendant, les patients continuent de subir les conséquences d'un débat public qui les ignore.

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