Conflit persistant au CHU de Nice : une plainte pour harcèlement déposée contre le directeur général
Depuis plusieurs mois, un conflit larvé oppose deux clans au sein du centre hospitalier universitaire de Nice : d'un côté, ceux qui soutiennent le directeur général, et de l'autre, ceux qui le critiquent ouvertement. Cette tension a récemment pris une tournure judiciaire avec le dépôt d'une plainte pour harcèlement par un ancien cadre de l'établissement.
Les accusations de l'ancien directeur adjoint
Thierry Arrii, ancien directeur général adjoint du CHU de Nice, a rompu le silence pour dénoncer ce qu'il qualifie de management toxique. Par l'intermédiaire de ses avocats, Maîtres Fabrice Barbaro et Paul Sollacaro, il a déposé une plainte en octobre 2025 contre le directeur général, Rodolphe Bourret. Selon ses représentants légaux, M. Arrii a été victime d'une mise à l'écart systématique, exclu des circuits décisionnels et non convié aux réunions importantes, ce qui constitue selon eux une forme d'ostracisme.
Les faits allégués se sont déroulés entre l'arrivée de M. Bourret début 2023 et le départ de M. Arrii fin de la même année. En plus de cette exclusion, l'ancien directeur adjoint affirme avoir subi des mesures vexatoires, notamment une rétrogradation dans l'organigramme et une mauvaise notation professionnelle pour l'année 2023. Une procédure est actuellement en cours devant le tribunal administratif pour contester cette évaluation.
La défense de la direction du CHU
Face à ces accusations, la direction du CHU de Nice a choisi de répondre par écrit, refusant de commenter directement la plainte. Elle souligne que la contestation de l'évaluation professionnelle de M. Arrii est déjà entre les mains de la justice administrative, qui statuera sur son bien-fondé. La direction se réserve le droit d'agir légalement contre toute allégation qu'elle juge diffamatoire.
Dans sa défense, l'administration hospitalière met en avant les résultats positifs de la réforme organisationnelle menée sous la direction de M. Bourret. Elle cite notamment le développement de l'offre de soins, la baisse de l'absentéisme, l'augmentation des recrutements et l'amélioration de la situation financière de l'établissement. La direction regrette que cette réforme, qu'elle estime bénéfique, n'ait pas reçu l'adhésion de certains directeurs adjoints, qui ont selon elle lancé une campagne médiatique infondée.
Un contexte de tensions antérieures
Ce n'est pas la première fois que des accusations sont portées contre la direction du CHU de Nice. Début 2025, d'anciens directeurs avaient saisi le centre national de gestion, évoquant un climat de travail maltraitant, sans que cela ne débouche sur des sanctions. À l'inverse, la communauté médicale de l'hôpital a régulièrement exprimé son soutien à M. Bourret, réitérant sa position face aux récentes procédures judiciaires.
La plainte de M. Arrii, déposée avec deux ans de retard selon ses explications, s'inscrit dans ce contexte de tensions persistantes. Ses avocats justifient ce délai par le temps nécessaire pour constituer un dossier et prendre conscience de la gravité des faits. L'affaire reste en suspens, avec des procédures administratives et pénales en cours, illustrant les défis de gestion au sein des grands établissements de santé français.



