Aux Thermes de Balaruc, apprendre à contrôler la douleur chronique
Balaruc : apprendre à contrôler la douleur chronique

« La maladie la plus importante, la plus méconnue du public, non reconnue comme pathologie, la plus coûteuse aussi, et sur laquelle la médecine stricto sensu reste sans efficacité, c’est la maladie douloureuse chronique. » C’est le docteur Patrick Giniès, chef du Centre d’évaluation et de traitement de la douleur au CHU de Montpellier, qui l’affirme. Invisibles, les douleurs peuvent surgir et s’incruster de manière permanente à travers le cerveau, les os, le tube digestif, les nerfs, parfois même sans qu’un diagnostic précis puisse être posé sur leurs origines.

Une approche globale et innovante

Le docteur Giniès, anesthésiste réanimateur de formation, titulaire d’un diplôme d’hypnose et d’un DEA de philosophie, milite pour une prise en charge plus efficace des douleurs chroniques. Son service, l’un des premiers en France, compte 3 000 hospitalisations par jour et 6 000 à 7 000 consultations par an. Deux patients sur dix sont des malades douloureux chroniques, et 30 % des cas seraient liés au stress et à la souffrance au travail.

Inspirée de l’école montpelliéraine de médecine vitaliste, son approche vise à « réactiver le système de contrôle de la douleur que l’on a tous, comme on a tous un système immunitaire ». La douleur est considérée comme une perturbation des logiciels corporel, psychique et sociologique. Hypnose, infiltrations, psychiatrie, musicothérapie (Music Care), cannabis thérapeutique : les équipes testent de multiples techniques pour soulager les patients.

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Le rôle clé de la balnéothérapie

Les médecins se sont associés aux rhumatologues et rééducateurs, conscients de l’intérêt de l’hydrobalnéothérapie. « Cela va permettre une vacance du corps, de la tête et du cœur, et peut reprogrammer un corps torturé », explique le docteur Giniès. La douleur s’imprime comme un code dans le corps et le cerveau ; la balnéothérapie, apprendre à bouger et une hygiène diététique adaptée peuvent aider à réactiver le contrôle.

Formation des agents et éducation des curistes

Depuis trois ans, le docteur Giniès intervient aux Thermes de Balaruc pour former les 170 agents. « Ils donneront un soin plus pertinent. Un commentaire de trois secondes, quand on installe le patient, est important. » Il sensibilise également les curistes aux mécanismes de la douleur chronique. Toutes les trois semaines, il devient un « Luchini médical », sourit-il. « Le levier de l’information médicale et de l’éducation thérapeutique fait partie intégrante du traitement, surtout pour les maladies chroniques. »

Cette initiative s’inscrit dans une série d’articles consacrés aux Thermes de Balaruc, qui explorent la gestion de l’eau, les innovations thérapeutiques, l’impact économique et les témoignages de patients. La douleur chronique touche plus de 28 millions de Français, et des centres comme celui de Balaruc offrent des solutions complémentaires essentielles.

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