À l'aube de la saison estivale, Jean-Louis Kérignard, délégué départemental de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) du Var depuis douze ans, lance un appel urgent à la générosité. Le budget annuel minimum nécessaire pour mener à bien les missions de sauvetage s'élève à 1,2 million d'euros. « La campagne de dons est vitale pour nous », insiste cet ancien amiral, qui préside également la station d'Hyères par intérim.
Les Sauveteurs en mer, acteurs majeurs du sauvetage en Méditerranée
Dans les opérations coordonnées par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Méditerranée (Cross Med), les Sauveteurs en mer du Var assurent 60 % des interventions. Cela représente entre 500 et 550 sorties en mer par an. Pendant l'été, deux tiers de ces interventions concernent l'assistance aux biens, principalement le remorquage de bateaux en panne. Le tiers restant est consacré aux opérations de recherche et sauvetage (Search and Rescue, SAR). « Les Sauveteurs en mer sont le principal contributeur aux opérations conduites par le Cross », souligne Jean-Louis Kérignard.
Un maillage dense et des moyens humains conséquents
Le littoral varois compte neuf stations de la SNSM, équipées de 17 embarcations allant du semi-rigide de 6 mètres au canot tous temps de 17,50 mètres. En cas d'urgence, un hélicoptère de la Marine nationale ou de la Sécurité civile peut intervenir. Côté humain, le Var rassemble environ 500 bénévoles, hommes et femmes, qui œuvrent comme sauveteurs embarqués, formateurs ou dans les stations. S'y ajoutent les nageurs sauveteurs, rémunérés par les municipalités pendant l'été pour surveiller les plages, mais qui ne sont pas exclusivement varois. La moyenne d'âge des bénévoles est élevée, ce qui pose problème car la limite d'âge pour embarquer est fixée à 70 ans.
Un budget de 1,2 million d'euros, entre dons et subventions
Le budget annuel de la délégation varoise est de 1,2 million d'euros. Entre 60 et 65 % de cette somme provient de dons et de subventions. Le reste est assuré par la vente d'articles, les remorquages de bateaux en avarie et la facturation pour la participation aux dispositifs prévisionnels de secours. La fondation Total Énergies apporte également son aide. « Pour nous, la campagne de dons lancée au début du mois de juin est vitale », insiste Jean-Louis Kérignard. Le siège parisien de la SNSM soutient le démarchage dans les rues et le télémarketing. Un euro investi rapporte en moyenne 3,60 euros à la SNSM.
Des coûts en hausse et des interventions en augmentation
Ce budget de 1,2 million d'euros est un minimum, car le matériel ne cesse de renchérir. Le canot tous temps Bailli de Suffren III de la station de Saint-Tropez a coûté 1,9 million d'euros en 2021. Cinq ans plus tard, le Pierre Bernard (SNS 17-14 d'Hyères) a nécessité 2,6 millions d'euros. À cela s'ajoutent les coûts de possession : la visite d'un seul moteur revient à 1 700 euros, et le prix du gazole, même détaxé, a augmenté. Parallèlement, le nombre d'interventions est en hausse constante : il y a une quinzaine d'années, la moyenne était de 380 interventions par an ; aujourd'hui, elle atteint 550. Jean-Louis Kérignard conclut : « Le matériel est toujours plus cher, et nous devons faire face à une demande croissante. La générosité du public est essentielle pour continuer à sauver des vies. »



