"Tout était moisi" : le combat d'une mère après la mort de son fils dans un logement insalubre
À Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor, une mère poursuit un combat judiciaire poignant pour faire reconnaître la responsabilité de l'insalubrité de son logement HLM dans la mort tragique de son fils, survenue en 2024. Chantal Callet témoigne avec une détermination farouche, convaincue que les conditions de vie déplorables ont directement conduit au décès de Kantin, âgé de seulement 29 ans.
Un environnement totalement envahi par les moisissures
Kantin est décédé à l'hôpital des suites d'une pleurésie contractée deux ans plus tôt, alors qu'il vivait dans un appartement HLM marqué par une humidité excessive et des moisissures persistantes. Sa mère décrit avec émotion un environnement totalement insalubre : "Sa chambre, le plafond, les murs, tout était moisi", raconte-t-elle. "Il n'y avait pas d'aération. Les microbes envahissaient carrément la pièce. Les murs étaient imprégnés. J'avais beau nettoyer, lessiver à la javel, ça revenait sans cesse."
Chantal affirme avec conviction qu'il existe un lien direct entre ce logement et la dégradation progressive de l'état de santé de son fils : "Il n'avait jamais eu de problème de santé, il faisait du sport. Et puis son état s'est dégradé. Il n'arrivait même plus à aller à l'université, au niveau respiratoire ça n'allait plus. C'était dû à sa chambre, ça ne pouvait être que ça. Les moisissures de notre HLM ont tué mon fils."
Une dégradation physique dramatique
Sur son lit d'hôpital, Kantin ne pesait plus que 40 kg pour 1,82 mètre, selon les informations rapportées. Cette maigreur extrême illustre la gravité de son état de santé dans les derniers moments de sa vie. La pleurésie dont il souffrait s'était développée dans un contexte d'exposition prolongée à un environnement humide et contaminé par des moisissures.
Des signalements ignorés par le bailleur
Malgré plusieurs signalements répétés au bailleur concernant les problèmes d'humidité et de moisissures, aucune solution durable n'a été apportée pour améliorer les conditions de vie. Chantal explique sa détermination : "Je me suis dit que j'allais me battre jusqu'au bout. Hors de question de laisser passer ça. Je les avais prévenus plusieurs fois et personne n'a bougé. Il fallait les conduire au tribunal."
Une reconnaissance partielle par la justice
En février 2026, un juge a reconnu que "l'aggravation de l'état de santé" de Kantin était "en partie imputable aux problèmes d'humidité" de son logement. Cette décision judiciaire représente une étape importante dans la reconnaissance des conséquences sanitaires de l'insalubrité des logements. Le bailleur a été condamné à verser 11 850 euros à la mère de famille en réparation du préjudice subi.
Ce cas dramatique met en lumière les risques sanitaires graves associés aux logements insalubres, particulièrement lorsqu'ils présentent des problèmes d'humidité et de moisissures persistants. Il soulève également des questions cruciales sur la responsabilité des bailleurs sociaux dans l'entretien et la rénovation des logements qu'ils gèrent.



