L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a lancé une offensive judiciaire contre Nestlé Waters, demandant l'interdiction de la vente de l'eau minérale naturelle Perrier. Cette action fait suite à un rapport critique de la commission d'enquête sénatoriale sur le traitement illégal des eaux minérales.
Des plaintes pour tromperie commerciale
L'UFC-Que Choisir a déposé plusieurs plaintes, notamment pour tromperie commerciale, visant Nestlé Waters et des responsables publics, dont l'ARS Occitanie. Quatre anciens ministres sont également cités : Agnès Pannier-Runacher, Roland Lescure, Aurélien Rousseau et Agnès Firmin-le-Bodo. Selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l'association, « le respect du droit, la santé publique et la loyauté commerciale ne sont pas des variables d'ajustement ». L'association espère obtenir le retrait du marché et l'interdiction de commercialisation de Perrier lors d'une audience prévue le 9 juillet au tribunal judiciaire de Nanterre.
Nestlé Waters se défend
Nestlé Waters affirme n'avoir pas reçu notification du référé et maintient qu'« il n'y a jamais eu de risque sanitaire lié à la consommation de nos produits ». Le groupe souligne que les autorités sanitaires locales et nationales ont régulièrement rappelé ce point et que la composition minérale des eaux a toujours été préservée. Les syndicats, comme la CGT, appellent à la prudence face aux enjeux économiques.
Des conséquences économiques majeures
Les ventes de Perrier ont chuté de 14 % entre janvier et avril 2025, avec une baisse de 23 % en avril. Cette situation inquiète pour l'emploi : 1 000 salariés sont concernés sur le site de Vergèze. Le sénateur Laurent Burgoa, qui a présidé la commission d'enquête, estime que l'action de l'UFC-Que Choisir est un « coup de communication » et rappelle que le rapport n'a jamais évoqué de contamination sanitaire.
Un contexte tendu pour Perrier
Le préfet du Gard a mis en demeure Perrier de retirer son système de microfiltration d'ici le 7 juillet. Par ailleurs, le renouvellement de l'autorisation d'exploiter les forages sous l'appellation « eau minérale naturelle » pourrait être refusé après un avis défavorable d'hydrogéologues. Malgré ces difficultés, Perrier reste partenaire de Roland-Garros, un contrat estimé à 3 millions d'euros par an jusqu'en 2027.



