Un administrateur présumé de site pédopornographique sur le dark web placé en détention provisoire à Paris
Un homme d’une trentaine d’années a été mis en examen et placé en détention provisoire à Paris ce vendredi. Il est soupçonné d’avoir administré pendant deux ans la plateforme pédopornographique du dark web « Alice in Wonderland ». Interpellé à Toulouse, il est suspecté d’avoir dirigé le site entre 2022 et sa fermeture en septembre 2024.
Les charges retenues par le parquet de Paris
« L’homme né en 1994 et interpellé à Toulouse est soupçonné d’avoir été l’administrateur du site depuis 2022 jusqu’à sa fermeture en septembre 2024 », a indiqué le parquet de Paris à l’AFP. Le parquet avait requis sa mise en examen notamment pour :
- Fourniture d’une plateforme en ligne permettant des transactions illicites en bande organisée
- Détention et diffusion d’images pédopornographiques impliquant des mineurs
L’enquête avait été ouverte en juin 2024 par la section de lutte contre la cybercriminalité et confiée à l’Office mineurs.
La réaction de l’avocat de la défense
Son avocat, Me Ambroise Palle, a réagi à son placement en détention provisoire. « Ce type de dossier fait parfois basculer la détention provisoire, mécanisme d’exception visant à prévenir des risques strictement délimités, vers une condamnation morale avant jugement », a-t-il déclaré à l’AFP.
Il a également estimé que « la condamnation morale devrait rester prudente, car la consommation de pédopornographie correspond souvent à la dérive d’une addiction subie dans un contexte de solitude, plus qu’au choix délibéré d’un monstre. Dans ce contexte, un suivi psychologique semblerait plus adapté qu’une cellule ».
Les enjeux de la lutte contre la pédopornographie en ligne
Cette affaire met en lumière les défis persistants de la lutte contre la pédopornographie sur le dark web, où les plateformes illicites exploitent l’anonymat pour échapper aux autorités. L’intervention des services spécialisés comme la section de lutte contre la cybercriminalité et l’Office mineurs reste cruciale pour démanteler ces réseaux.
Le débat soulevé par l’avocat sur l’approche judiciaire versus psychologique dans de tels cas souligne la complexité de ces dossiers, où les aspects criminels s’entremêlent souvent avec des problématiques personnelles profondes comme l’addiction et l’isolement.



