Sarkozy regrette l'« erreur » de Guéant et Hortefeux dans l'affaire libyenne
Sarkozy regrette l'erreur de ses collaborateurs en Libye

L'ancien président regrette les agissements de ses proches collaborateurs

Nicolas Sarkozy a publiquement regretté mardi l'« erreur » commise par ses collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux lors de leurs visites en Libye fin 2005. Devant la cour d'appel de Paris, au premier jour de son interrogatoire, l'ancien chef de l'État a estimé que ses proches s'étaient laissés entraîner dans des rencontres occultes avec un dignitaire libyen, au cœur des soupçons sur le financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007.

Les détails des visites controversées

En laissant l'intermédiaire Ziad Takieddine s'immiscer dans l'organisation de son déplacement en octobre 2005, quelques jours avant son propre voyage officiel, son directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur, Claude Guéant, « commet une erreur », a déclaré Nicolas Sarkozy. « Alors qu'il me représente, la ligne est franchie à ce moment-là », a-t-il ajouté, soulignant la gravité de la situation.

« Je ne comprends pas pourquoi il a accepté ce dîner » avec Senoussi lors de sa visite préparatoire, a poursuivi l'ancien président à propos de Claude Guéant, absent du procès pour raisons de santé. « Mon analyse c'est que M. Guéant a surestimé les connaissances et l'entregent de M. Takieddine », a-t-il expliqué. « Il a dû lui dire qu'il connaissait tout le monde en Libye pour le guider dans les entrelacs de la politique libyenne ».

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La position de Brice Hortefeux

Concernant son ami Brice Hortefeux, qui a expliqué à la barre avoir été « piégé » par le sulfureux intermédiaire franco-libanais, Nicolas Sarkozy a été tout aussi critique. « C'est une erreur, il n'avait pas à faire ça », a-t-il affirmé, marquant clairement sa désapprobation face aux agissements de son collaborateur.

Les accusations au cœur du procès

Nicolas Sarkozy est notamment soupçonné d'avoir laissé ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, négocier fin 2005 un financement de sa campagne présidentielle avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi. Ce dernier a été condamné à perpétuité pour avoir commandité l'attentat de 1989 qui avait coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français, au-dessus du Niger.

Face à ces accusations, l'ancien président a maintenu sa position avec fermeté. « Il n'y a pas eu le moindre pacte », a-t-il répété. « Je le dirai jusqu'à mon dernier souffle parce que c'est la vérité ». En première instance, il avait été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d'une exécution provisoire qui lui a valu, durant trois semaines, d'être le premier ancien président de la République à dormir derrière les barreaux.

La défense de Nicolas Sarkozy

Lors de sa propre visite en Libye, Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait qu'il n'avait lui-même pas commis la même erreur que ses collaborateurs. Ziad Takieddine, qui aurait fomenté ces rencontres occultes, n'avait jamais été aperçu lors de sa visite et n'en était pas partie prenante.

« Il n'y a jamais eu aucune rencontre, jamais, entre Senoussi et moi, il n'y a pas eu le moindre appel téléphonique entre M. Senoussi et moi », a-t-il martelé, perdant momentanément son flegme dans une déposition sobre et précise. « Je dois répondre avec calme en faisant comprendre à la cour la profondeur de mon indignation », s'est-il excusé.

Sur son voyage, « je n'ai pas demandé à voir Kadhafi, c'est lui qui a demandé à me voir », a-t-il insisté, cherchant à distinguer clairement ses actions de celles de ses collaborateurs. L'ancien président continue ainsi de défendre son innocence tout en reconnaissant les erreurs commises par son entourage immédiat.

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