Le Rassemblement national (RN) retient son souffle depuis un an. Le 7 juillet prochain, la Cour d’appel rendra sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires du parti d’extrême droite. Cette décision déterminera si Marine Le Pen est en mesure, ou non, de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Une affaire qui dure depuis plusieurs années
L’affaire des assistants parlementaires du RN (anciennement Front national) concerne des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen. Marine Le Pen est mise en examen depuis 2017 pour « abus de confiance » et « recel » dans ce dossier. Le parquet de Paris a requis un procès en septembre 2023, et la Cour d’appel doit se prononcer sur la validité des poursuites.
Selon une source proche du dossier, « la décision du 7 juillet sera cruciale pour l’avenir politique de Marine Le Pen et du RN ». Si la Cour d’appel valide les poursuites, Marine Le Pen pourrait être jugée avant 2027, ce qui pourrait entraîner une peine d’inéligibilité.
Les conséquences pour Jordan Bardella
Jordan Bardella, actuel président du RN et député européen, est considéré comme le potentiel candidat remplaçant si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter. Bardella a été choisi par Le Pen comme son « dauphin » en 2022, mais il n’a jamais fait mystère de son ambition. « Je suis prêt à assumer toutes mes responsabilités », a-t-il déclaré en janvier 2024.
Cependant, Bardella est également mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires. Selon Mediapart, il aurait embauché un assistant parlementaire fictif entre 2015 et 2017. Bardella nie toute irrégularité, mais son implication pourrait compliquer sa candidature.
Un parti en apnée depuis un an
Depuis un an, le RN observe une « consigne de silence » sur cette affaire, selon un cadre du parti. « Nous devons éviter toute déclaration qui pourrait être utilisée contre nous », explique-t-il. Cette stratégie a permis d’éviter les polémiques, mais elle a aussi créé des tensions en interne.
Selon un sondage Ifop de juin 2024, 68 % des sympathisants RN estiment que Marine Le Pen doit être la candidate en 2027, contre 22 % pour Jordan Bardella. Mais si Le Pen est déclarée inéligible, Bardella pourrait bénéficier d’un report des voix.
Une décision aux lourdes conséquences
La décision du 7 juillet aura des répercussions non seulement sur le RN, mais aussi sur l’ensemble du paysage politique français. Marine Le Pen est en tête des intentions de vote pour 2027, avec 32 % des voix au premier tour selon un sondage Harris Interactive de mai 2024. Si elle ne peut pas se présenter, c’est tout le rapport de forces qui pourrait être bouleversé.
En attendant, le RN continue de préparer ses échéances électorales, notamment les législatives anticipées de 2024. « Nous sommes concentrés sur notre programme et nos militants », assure un porte-parole du parti. Mais l’ombre de la Cour d’appel plane sur toutes les décisions.



