Le Parlement a définitivement adopté, ce mardi 15 juin 2026, la restitution à la Guyane des restes de six Amérindiens qui avaient été exhibés dans des « zoos humains » au XIXe siècle. Cette décision historique met fin à une longue bataille judiciaire et politique menée par la collectivité territoriale de Guyane et des associations de défense des droits des peuples autochtones.
Une adoption sans opposition
Le texte, voté à l'unanimité par l'Assemblée nationale et le Sénat, prévoit le transfert des dépouilles conservées au Musée de l'Homme à Paris vers la Guyane. Les restes appartiennent à six Amérindiens, dont un enfant, qui avaient été emmenés de force en France pour être présentés lors d'expositions ethnographiques.
« C'est un acte de justice et de réparation », a déclaré la ministre de la Culture, saluant une « étape importante dans la reconnaissance des crimes coloniaux ». Le texte prévoit également la création d'un mémorial en Guyane pour honorer la mémoire de ces personnes.
Un long combat pour la dignité
La restitution avait été demandée dès 2019 par la collectivité territoriale de Guyane, mais s'était heurtée à des obstacles juridiques. La loi française considérait en effet les restes humains comme des « biens inaliénables » du patrimoine national. Une exception a finalement été votée pour permettre cette restitution.
Pour les communautés amérindiennes de Guyane, cette décision est « une victoire pour la dignité et la mémoire ». Un représentant des peuples autochtones a souligné que « ces restes ne sont pas des objets, mais des ancêtres qui méritent le repos dans leur terre natale ».
Un précédent pour d'autres restitutions
Cette adoption pourrait faire jurisprudence pour d'autres demandes de restitution de restes humains conservés dans les musées français. Plusieurs pays africains et océaniens réclament également le retour de dépouilles de leurs ancêtres.
Le gouvernement a annoncé la création d'une commission chargée d'étudier ces demandes au cas par cas. « Nous devons regarder notre histoire en face et réparer les injustices », a conclu la ministre.



