Proxénétisme en France : un Mosellan écope de 12 ans de prison
Proxénétisme : 12 ans de prison pour un routard du vice

Un Mosellan de 33 ans a été condamné ce jeudi 7 mai par la cour criminelle départementale de Seine-et-Marne à 12 ans de réclusion criminelle pour proxénétisme aggravé. Il exploitait sept jeunes filles, pour la plupart mineures ou jeunes majeures vulnérables, entre octobre 2022 et juin 2023. Le prévenu, prénommé Justin (le prénom a été modifié), sillonnait la France en train, déplaçant ses victimes de Meaux à Marseille, en passant par Paris, Lyon, Bordeaux ou encore Roubaix.

Un réseau tentaculaire

Les lieux de prostitution sont nombreux : Nanteuil-lès-Meaux, Paris, Roubaix, Marseille, Poitiers, Levallois-Perret, Perpignan, Château-Thierry, Lyon, Saint-Étienne, Bourg-en-Bresse, Bordeaux, Pantin et Villepinte. Justin postait les annonces sur le site Sexemodel, louait les logements, fournissait les préservatifs et assurait la sécurité. Il empochait l'argent des passes. Les jeunes filles subissaient parfois jusqu'à vingt clients par jour.

Des victimes sous emprise

Les victimes étaient menacées de mort et frappées si elles voulaient arrêter. La diffusion de vidéos intimes sur les réseaux sociaux les fragilisait davantage. Six d'entre elles ont témoigné lors du procès. L'une d'elles n'avait que 14 ans quand elle a été contrainte à la prostitution. Justin a également été reconnu coupable de viols sur deux des victimes, qu'il a contestés à l'audience.

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L'enquête et la coaccusée

L'enquête, menée par la brigade des stupéfiants du commissariat de Meaux pendant six mois, a été déclenchée en juin 2023 après le signalement d'une mineure en fugue hébergée au foyer Orgemont de Meaux. Une autre pensionnaire de ce foyer, âgée de 14 ans, a été condamnée l'an dernier pour son rôle de « rabatteuse ». Elle se prostituait également pour Justin et est l'une des deux victimes de viol.

Une habitante du Val-d'Oise de 22 ans, jugée pour proxénétisme, a écopé de trois ans de prison avec sursis probatoire. Son avocate, Me Angélique Weber, a plaidé la relaxe en invoquant l'article 122-2 du Code pénal, arguant que sa cliente agissait sous contrainte. « Ma cliente avait le double statut de victime et d'accusée », a-t-elle souligné.

Les réquisitions et la défense

L'avocate générale Zoé Debuse avait requis 14 ans de réclusion criminelle contre Justin, assortis d'un suivi sociojudiciaire de quatre ans, et quatre ans de prison avec sursis probatoire contre la coaccusée. La défense des parties civiles a salué le courage des victimes. Me Claire Vinh San, avocate de deux victimes, a déclaré : « Ce sont des jeunes filles qui ont très peu de soutien familial. C'étaient des proies faciles, placées dans des foyers. »

La peine prononcée est assortie d'un suivi sociojudiciaire de trois ans. Justin a été maintenu en détention provisoire depuis son interpellation en novembre 2023.

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