Le procureur national antiterroriste Olivier Christen a formellement exclu, ce vendredi 3 avril, toute intervention du Parquet national antiterroriste (Pnat) dans l'affaire Cédric Prizzon, soupçonné d'un double féminicide. Cet ancien policier de 42 ans, interpellé le 25 mars au Portugal avec ses deux enfants, est suspecté d'avoir tué son ex-conjointe puis sa compagne actuelle. Les enfants ont depuis été rapatriés en France, selon une source diplomatique citée par l'Agence France-Presse.
Un refus malgré les appels à une qualification terroriste
Alors que le Haut conseil à l'égalité (HCE), par la voix de sa présidente Bérangère Couillard, a dénoncé « une idéologie de haine des femmes qui se diffuse » et évoqué un « mouvement masculiniste structuré », appelant à une qualification terroriste, Olivier Christen a estimé que « les faits sont absolument terrifiants et dramatiques et s'inscrivent dans l'approche masculiniste de réification de leurs femmes ». Il a néanmoins refusé de dessaisir le parquet de Montpellier, déjà chargé de l'enquête pour meurtre par conjoint.
Le parquet de Montpellier jugé compétent
« Je n'entends pas me saisir parce que je pense que le parquet de Montpellier est tout à fait à même de traiter dans sa dimension la plus grave ces faits », a déclaré le magistrat sur France Info. Il a également appelé à préserver l'indépendance de la justice, ajoutant : « Il serait opportun que l'ensemble des organes qui sont rattachés au gouvernement se dispense de donner ce qui peut paraître comme des instructions sur l'autorité judiciaire, qui doit rester indépendante ».
Insistance sur la gravité des faits
Olivier Christen a insisté sur le fait que l'absence de qualification terroriste ne minimise pas la gravité des faits : « Il ne faut surtout pas donner l'impression que cela reviendrait à ne pas prendre dans leur réelle dimension ces faits qui sont particulièrement graves ». Il a rappelé que « savoir si on donne une qualification terroriste ou non à des faits relève d'une décision de l'autorité judiciaire », soulignant que les institutions gouvernementales « ne peuvent faire pression de quelque façon que ce soit sur la justice ».
Cette décision intervient dans un contexte où les violences masculinistes font l'objet d'une attention croissante, avec des débats sur la nécessité de les qualifier comme actes terroristes pour mieux les combattre. Le procureur a réaffirmé la compétence du parquet local, tout en reconnaissant la nature extrême des crimes présumés.



