Une Française devant la justice pour complicité de génocide contre les Yazidis
Un procès historique a été ordonné à Paris contre Lolita Cacitti, une citoyenne française soupçonnée d'avoir joué un rôle dans la réduction en esclavage d'une enfant yazidie en Syrie en 2017. Cette décision judiciaire, rendue le 9 avril par un juge d'instruction, fait suite aux réquisitions du parquet national antiterroriste, qui a limité son implication au statut de complice.
Le contexte d'une affaire gravissime
Lolita Cacitti avait initialement été mise en examen en juin 2024 en tant qu'autrice présumée de génocide. Elle devient ainsi la deuxième Française à devoir répondre de son implication supposée dans le génocide des Yazidis, une minorité ethnoreligieuse kurdophone persécutée par Daesh. Cette procédure s'inscrit dans un cadre juridique renforcé pour lutter contre les crimes internationaux.
Un précédent judiciaire significatif
Avant elle, Sonia Mejri, originaire de Grenoble et ancienne compagne d'un dirigeant de Daesh, a déjà été renvoyée devant la cour d'assises de Paris spécialement composée en matière terroriste. Son procès, prévu pour le premier semestre 2027, la jugera pour génocide, illustrant la détermination des autorités françaises à poursuivre les responsables de ces atrocités.
Le parcours de Lolita Cacitti
Lolita Cacitti a quitté la France en août 2014 avec ses deux fils, avant de se marier religieusement à Raqqa en Syrie avec Lakhdar Sebouai, un membre de la filière strasbourgeoise ayant rejoint Daesh. De cette union sont nés deux autres enfants. La justice lui reproche plusieurs actes graves :
- Son départ volontaire vers une zone contrôlée par l'État islamique
- Son mariage avec un combattant notoire de Daesh
- Son apprentissage du maniement d'armes et d'explosifs
- Son retour en France en août 2021 sans avoir rompu avec ce milieu
Les accusations spécifiques
Le parquet antiterroriste accuse Lolita Cacitti d'avoir sciemment participé au projet génocidaire en hébergeant pendant au moins un mois, en 2017, une esclave yazidie âgée de huit ans. Elle aurait ensuite remis cette enfant à son « propriétaire » saoudien, membre de Daesh. Ces faits sont considérés comme constitutifs de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.
Contacté par l'AFP, Me Louis Heloun, l'avocat de Lolita Cacitti, n'a pas souhaité commenter cette affaire en cours, respectant ainsi le secret de l'instruction. Cette procédure judiciaire marque une étape cruciale dans la lutte contre l'impunité des crimes commis contre les Yazidis.



