Au sixième jour du procès du financement libyen, Nicolas Sarkozy a semblé adopter une stratégie de profil bas face aux déclarations accablantes de son ancien bras droit, Claude Guéant. Ce dernier a produit des attestations écrites détaillant le rôle présumé de l'ancien président dans le financement occulte de sa campagne de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. Mais en fin d'audience, Sarkozy a surpris la cour en sortant une clé USB de sa poche, affirmant qu'elle contient des preuves contredisant les allégations de Guéant.
Une clé USB comme pièce à conviction
L'ancien chef de l'État a expliqué que cette clé USB renferme des documents et des échanges électroniques qui démontreraient son innocence. Il a demandé à ce qu'elle soit versée au dossier et analysée par les experts judiciaires. Cette initiative a provoqué des remous dans la salle d'audience, certains avocats de la partie civile estimant qu'il s'agit d'une manœuvre dilatoire. Me Vincent Tolédano, avocat de l'association Anticor, a déclaré : "C'est une tentative de noyer le poisson. Nous demandons une vérification rapide de l'authenticité de ces documents."
Les attestations de Guéant au cœur des débats
Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Élysée, a remis au tribunal plusieurs attestations dans lesquelles il affirme que Nicolas Sarkozy était parfaitement informé des modalités du financement libyen. Selon lui, l'ancien président aurait même supervisé les transactions via des intermédiaires. Guéant, qui comparaît libre, a maintenu ses déclarations malgré les critiques de la défense. "Je dis la vérité, je n'ai rien à cacher", a-t-il lancé.
De son côté, Nicolas Sarkozy a choisi de ne pas répondre directement aux accusations de son ancien collaborateur. Il a préféré adopter une posture discrète, laissant ses avocats mener la contre-offensive. Me Jacqueline Laffont, conseil de Sarkozy, a dénoncé des "allégations fantaisistes" et a souligné que son client avait toujours nié toute implication dans ce dossier. "La clé USB que nous produisons aujourd'hui est la preuve que ces accusations sont infondées", a-t-elle ajouté.
Des tensions au sein de l'ancienne majorité
Ce procès met en lumière les dissensions au sein de l'ancienne majorité présidentielle. Les relations entre Sarkozy et Guéant, autrefois très proches, se sont détériorées au fil des années. Plusieurs témoins ont évoqué un climat de suspicion réciproque. L'ancien trésorier de campagne, Éric Woerth, a également été entendu, mais ses déclarations n'ont pas permis de trancher le débat.
L'affaire du financement libyen, qui empoisonne la vie politique française depuis près d'une décennie, pourrait connaître un rebondissement décisif avec l'analyse de la clé USB. Les experts judiciaires devront se prononcer sur son authenticité et sur le contenu des documents qu'elle renferme. Le procès doit se poursuivre pendant plusieurs semaines encore, avec l'audition de nombreux témoins et experts.



