Au deuxième jour du procès de l'affaire libyenne, Alexandre Djouhri, intermédiaire présumé, a été confronté à des questions précises sur les montages financiers opaques qui lui sont reprochés. Devant la cour, il a tenté de démontrer la légalité de ses activités, tout en reconnaissant la complexité des transactions.
Des sociétés offshore et des flux d'argent suspects
Les enquêteurs ont mis au jour un réseau complexe de sociétés offshore, basées dans des paradis fiscaux, qui auraient servi à transférer des fonds en provenance de Libye. Alexandre Djouhri est accusé d'avoir joué un rôle clé dans ces montages, destinés selon l'accusation à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
L'intermédiaire a expliqué que ces structures étaient courantes dans le monde des affaires internationales et qu'elles répondaient à des besoins légitimes de confidentialité et d'optimisation fiscale. Il a nié toute intention frauduleuse, affirmant que les fonds transitant par ces sociétés étaient liés à des contrats commerciaux réels.
Des témoignages contradictoires
Plusieurs témoins ont été entendus, dont d'anciens collaborateurs de M. Djouhri et des experts en finance internationale. Leurs déclarations ont parfois semé le doute sur la réalité des activités commerciales invoquées. Certains ont évoqué des signatures de documents sans connaissance précise des montages, tandis que d'autres ont confirmé la légalité des opérations.
La défense de M. Djouhri s'attache à démontrer que les flux financiers étaient justifiés par des prestations de conseil et des commissions d'intermédiation. Elle pointe du doigt les lacunes de l'enquête et la difficulté à prouver un lien direct avec le financement politique.
Un procès aux enjeux politiques majeurs
Ce procès intervient dans un contexte politique sensible, alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy est également mis en examen dans cette affaire. Les débats autour des montages financiers de M. Djouhri pourraient avoir des répercussions sur la suite de la procédure.
Les juges devront déterminer si les transactions incriminées constituent des actes de corruption ou si elles relèvent de pratiques commerciales légitimes. La décision est attendue dans les prochaines semaines, après l'audition de nouveaux témoins et l'examen des pièces comptables.



