Procès à Grenoble : un Marocain jugé pour avoir foncé sur des policiers, sa passagère tuée
Procès à Grenoble : un Marocain jugé pour course-poursuite mortelle

Ouverture d'un procès chargé à la cour d'Assises de l'Isère

La cour d'Assises de l'Isère, située à Grenoble, entame ce lundi le procès d'Ouadia Kaouas, un ressortissant marocain de trente ans. L'homme est accusé d'avoir délibérément foncé sur des policiers avec son véhicule en octobre 2022, dans une tentative désespérée de leur échapper. Cette course-poursuite dramatique a malheureusement entraîné la mort de sa passagère, une jeune femme âgée de seulement 18 ans.

Des accusations graves et un passé judiciaire chargé

Ouadia Kaouas doit répondre de deux chefs d'accusation principaux : « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique » et « refus d'obtempérer aggravé ». Il reconnaît formellement les faits de violences volontaires avec arme, le refus d'obtempérer et la conduite sous l'emprise de stupéfiants. Cependant, il conteste fermement avoir eu l'intention de tuer les policiers, comme l'a précisé son avocat, maître Ronald Gallo. « Il y a une suite de faits qui lui sont reprochés, donc il faut faire le tri entre ce qu'il a fait et ce qu'il n'a pas fait », a-t-il souligné, annonçant un débat intense lors des audiences.

Le récit d'une nuit tragique à Saint-Martin-d'Hères

Dans la nuit du 5 octobre 2022, peu après 2 heures du matin à Saint-Martin-d'Hères, des policiers du commissariat de Grenoble tentent d'intercepter le véhicule conduit par Ouadia Kaouas. À son bord se trouve également une jeune majeure. Les forces de l'ordre engagent une poursuite et des échanges de coups de feu éclatent avec le conducteur. Après une course effrénée à travers Grenoble, les policiers parviennent finalement à intercepter le véhicule. Ils découvrent alors la jeune femme, mortellement touchée par une balle au cou. L'homme, légèrement blessé, est interpellé alors qu'il tentait de s'enfuir à pied.

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Un procès centré sur la responsabilité du conducteur

Le procès qui s'ouvre ce lundi se concentre exclusivement sur la responsabilité pénale d'Ouadia Kaouas. Il est notamment accusé d'avoir attenté à la vie de plusieurs policiers en utilisant son véhicule comme « arme par destination », en leur fonçant dessus à la sortie d'un cul-de-sac. Les agents concernés se sont constitués partie civile, tout comme le père de la jeune passagère décédée.

Une enquête parallèle sur la mort de la jeune femme

La mort tragique de la passagère a fait l'objet d'une saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). La famille de la victime a déposé plainte, conduisant à l'ouverture d'une information judiciaire toujours en cours. Dans cette procédure, les policiers impliqués sont actuellement « sous statut de témoin assisté », comme l'a indiqué maître Frédéric Mauvarin, l'avocat de certains d'entre eux. Une reconstitution précise des faits a récemment eu lieu, et l'avocat anticipe une clôture de l'enquête sans poursuites.

Un lourd passé criminel et des peines sévères encourues

Ouadia Kaouas encourt une peine pouvant atteindre vingt ans de réclusion criminelle en raison de son état de récidive. Son avocat prévoit un « gros débat » lors du procès mais n'exclut pas une éventuelle requalification des faits. Le passé judiciaire de l'accusé est particulièrement lourd : en 2012, il a été condamné à huit ans de prison pour des tirs sur des policiers près d'Avignon, alors qu'il était recherché pour braquage. Il était également connu pour des activités de trafic de stupéfiants, vol, recel et infractions sur les armes.

Une situation administrative et judiciaire complexe

Libéré de prison en 2020, Ouadia Kaouas faisait l'objet de plusieurs procédures judiciaires en 2021, notamment pour violences avec armes et port d'armes prohibé. Un mandat de recherche avait été émis contre lui après qu'il ait été aperçu marchant dans les rues de La-Tour-du-Pin avec un fusil d'assaut. Il avait également été interpellé en possession d'un revolver 357 Magnum à Bourgoin-Jallieu, toujours dans le département de l'Isère. Actuellement détenu, il est également sous le coup d'une OQTF (obligation de quitter le territoire français). Le procès, qui s'annonce intense, doit s'achever le 27 avril.

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