Procès historique de la DZ Mafia à Aix-en-Provence
Un procès d'une ampleur exceptionnelle se déroule actuellement devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Depuis le 23 mars, six individus, dont trois leaders présumés du groupe criminel connu sous le nom de DZ Mafia, répondent de leur implication dans un double assassinat perpétré en 2019. Ce crime s'inscrit dans le contexte des violentes rivalités entre narcotrafiquants qui ensanglantent périodiquement la région marseillaise.
Des réquisitions sévères de l'avocate générale
Dimanche, l'avocate générale a prononcé des réquisitions d'une extrême sévérité à l'encontre des principaux accusés. Pour Gabriel Ory, considéré comme l'un des chefs présumés de la DZ Mafia, elle a demandé la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. Contre Amine Oualane, un autre leader présumé du même réseau, elle a requis dix-huit années d'emprisonnement.
Les commanditaires présumés du double meurtre n'ont pas été épargnés. L'avocate générale a également requis la perpétuité contre Karim Harrat et Walid Bara. Concernant ce dernier, actuellement en fuite, elle a demandé la délivrance d'un mandat d'arrêt international pour assurer sa comparution.
Les exécutants et complices face à la justice
Les réquisitions se sont également abattues sur les exécutants directs du crime. Pour Zaineddine Ahamada, identifié comme le tireur présumé, l'avocate générale a requis trente ans de réclusion criminelle. La même peine a été demandée pour son complice, Adrien Faure, accusé d'avoir joué un rôle crucial en lui ouvrant la porte de la chambre où se trouvaient les victimes et en lui prêtant l'arme du crime.
Un procès sous haute protection
Ce procès, qui met en lumière les mécanismes internes d'un groupe criminel notoire, se déroule dans un climat de tension extrême. Les autorités judiciaires ont mis en place un dispositif de sécurité qualifié de « sans précédent » autour du palais de justice d'Aix-en-Provence. Ces mesures exceptionnelles visent à protéger l'ensemble des acteurs de la procédure – magistrats, jurés, avocats et témoins – dans un dossier sensible lié au trafic de stupéfiants et à ses règlements de comptes meurtriers.
L'affaire, qui révèle les liens entre différents acteurs du milieu criminel marseillais, est suivie avec attention par les observateurs de la justice pénale. Elle illustre la détermination des autorités à poursuivre et sanctionner lourdement les violences liées au narcobanditisme, un fléau qui continue de défrayer la chronique dans le sud de la France.



