Verdicts prononcés dans l'affaire du double meurtre de l'hôtel F1
Le procès dit de la « DZ Mafia » s'est achevé ce mardi soir avec l'annonce des verdicts concernant le double meurtre survenu dans une chambre de l'hôtel F1 de Plan de Campagne. Le tribunal a prononcé cinq lourdes condamnations et a acquitté un sixième accusé, Amine Oualane, présenté initialement par les enquêteurs comme un cadre fondateur de ce réseau criminel.
Un acquittement malgré un contexte judiciaire tendu
Amine Oualane, qui aurait selon l'accusation servi d'intermédiaire entre Gabriel Ory (condamné à vingt-cinq ans de réclusion) et la victime Farid Tir, a été blanchi par la cour. « C'était un procès très compliqué, très difficile, avec des incidents à répétition et qui avançait lentement. C'était pénible », a confié à 20 Minutes Inès Medioune, l'avocate de l'acquitté. Elle ajoute : « Et malgré le dossier vide, j'avais un peu peur que tout le dispositif de sécurité, visant à effrayer l'opinion publique, ne le condamne d'avance, mais les jurés ne se sont pas laissés emmener sur le terrain d'une justice d'exception ».
Des éléments à charge jugés fragiles par la défense
L'accusation reposait principalement sur plusieurs éléments que la défense a contestés avec force :
- Le témoignage de Driss, décrit comme « un délinquant multirécidiviste dont on peut douter de la sincérité ».
- Une sonorisation de la cellule d'Amine Oualane dont la retranscription policière serait erronée, lui faisant prononcer des phrases qu'il n'aurait pas dites.
- Une proximité géographique alléguée avec la victime Farid Tir, bien qu'Oualane était déjà incarcéré au moment où la famille Tir s'installait dans son quartier.
- Des pièces issues d'autres procédures, dont une conversation extraite de la messagerie cryptée Sky ECC de Karim Harrat (également condamné à vingt-cinq ans), qui mentionnait un détenu sans le nommer explicitement.
- Une écoute téléphonique de Maëva Ghennam à Dubaï, jugée peu fiable car elle aurait été réalisée alors que la personne était en état d'ébriété.
Les motivations de l'acquittement et les suites judiciaires
« Amine Oualane avait conscience que le témoignage de Driss était déterminant et est reconnaissant envers les magistrats de l'avoir écouté. Il avait à cœur de s'expliquer », a souligné Me Medioune. L'avocate précise qu'elle attend désormais les motivations écrites du verdict, qui seront rédigées par la cour dans son délibéré. Par ailleurs, elle indique qu'elle va maintenant se consacrer à la défense de son client dans d'autres affaires, notamment celle de l'assassinat en décembre 2020 de Brahim Kessaci, demi-frère du militant anti-drogue et adjoint au maire de Marseille, Amine Kessaci.
Ce procès, marqué par sa complexité et des incidents répétés, a donc abouti à des peines sévères pour cinq accusés, tandis que le sixième a bénéficié d'un acquittement fondé sur l'absence de preuves solides selon sa défense. Les condamnations prononcées reflètent la gravité des faits, dans une affaire qui a défrayé la chronique judiciaire.



